Les aigles, comme de nombreux rapaces, on les admire majestueux dans le ciel. Mais celui dont il est question ici, qui n’est pas réellement un aigle – nous le découvrirons plus tard –, ne tournoie pas dans les airs. C’est à la nage qu’il rejoint les berges du lac. Oui, à la nage !

La scène a été tournée dans le New Hampshire (États-Unis). Une scène tout à fait stupéfiante. Celle d'un aigle pas vraiment dans son élément. D'un aigle... en train de nager. Une sorte de brasse papillon qui lui permet de regagner tranquillement les berges du lac Winnipesaukee. Et de se sécher de quelques battements d'ailes. Déconcertant !

En fait d'aigle, il s'agit là plus exactement d'un pygargue. D'un pygargue à tête blanche. Un Haliaeetus leucocephalus, pour les plus scientifiques d'entre nous. Ni plus ni moins que l'oiseau emblème des États-Unis. Qui n'est donc pas... un aigle royal !

Mais quelles différences ? Un bec plus massif pour le pygargue que pour l'aigle. Et des plumes aux pattes chez l'aigle. Pas chez le pygargue. Une préférence aussi pour les forêts et les montagnes pour l'aigle. Mais une attirance marquée pour les lacs et les rivières d'Amérique du Nord. Les zones côtières également pour le pygargue à tête blanche. Parce qu'à son menu, il n'y a pour ainsi dire presque que du poisson. Il se régale de carpescarpes, de perches, de saumons ou encore de truitestruites.

Durant un temps, à partir des années 1950, le pygargue a été menacé par l’utilisation massive de pesticides dans le sud de son aire de répartition. Ces derniers avaient pour effet de réduire à peau de chagrin l’épaisseur de la coquille des œufs du majestueux rapace. Ne pouvant plus se reproduire, il s’est retrouvé en grand danger. Heureusement, l’interdiction de certains produits et quelques mesures de conversation ont permis de renverser la tendance. © Buddy Woods, Adobe Stock
Durant un temps, à partir des années 1950, le pygargue a été menacé par l’utilisation massive de pesticides dans le sud de son aire de répartition. Ces derniers avaient pour effet de réduire à peau de chagrin l’épaisseur de la coquille des œufs du majestueux rapace. Ne pouvant plus se reproduire, il s’est retrouvé en grand danger. Heureusement, l’interdiction de certains produits et quelques mesures de conversation ont permis de renverser la tendance. © Buddy Woods, Adobe Stock

Le pygargue, un chasseur pas si redoutable que ça

Un autre fait peut surprendre chez cette espèce de pygargue. Le rapace n'acquiert sa fameuse tête blanche qu'à partir de l'âge de quatre ou cinq ans. Et il est vrai qu'avant, son plumage rappelle quand même beaucoup celui... de l'aigle royal.

Mais revenons-en à ce drôle de spécimen de pygargue surpris en train de nager. Les éthologues disent que ce n'est pas si rare que ça. Ici, c'est sans doute la suite d'un plongeon en piqué - qui se fait généralement à des vitessesvitesses vertigineuses de l'ordre de 120 km/h - sur une proie qui a réussi à s'échapper. La technique du pygargue, en effet, n'est pas très au point. Le rapace échoue... trois fois sur quatre, paraît-il !

Pourtant, lorsqu'il en sort victorieux, le pygargue à tête blanche est capable de porter des proies plutôt lourdes. Même quand il nage. Grâce à des serres puissantes. Mais aussi à des doigts équipés de spicules particulièrement utiles pour agripper des poissons aux écailles glissantes.