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La haie : une plantation écologique ?

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Ce bocage constitué de haies monospécifiques est très pauvre écologiquement et s’intègre mal dans le paysage, comparé à un bocage constitué de plusieurs essences locales. © Luis Silveira, Wikimedia domaine public

Les haies apportent une séparation visuelle. Lorsque l'on désire délimiter une propriété, la cacher du regard des voisins, masquer un décor peu esthétique ou se protéger du vent, plusieurs solutions sont possibles.

Les haies sont vivantes, changeantes et donnent un effet naturel. Cette plantation linéaire d'arbres et d'arbustes peut sembler une occasion idéale de créer un peu plus de nature autour de soi. Mais est-ce vraiment le cas ?

Les haies vives les plus communes en ville et dans les quartiers pavillonnaires sont souvent celles à base de thuyas (Thuja sp.), de cyprès (Cupressus sp. et hybrides) ou de lauriers-cerises (Prunus laurocerasus).

Haies monospécifiques : une pauvreté végétale et animale

Pourtant, ces haies monospécifiques sont aussi les plus pauvres écologiquement : elles n'accueillent presque aucune autre espèce végétale et produisent peu de fleurs et de fruits pour les insectes, les oiseaux, les petits mammifères... Leur biodiversité végétale et animale est donc très faible.

En outre, comme elles sont constituées le plus souvent d'une seule espèce et d'individus du même âge, elles peuvent dépérir complètement et soudainement en cas de parasites ou de conditions climatiques défavorables.

Leur seul mérite est d'être bon marché, de pousser vite et d'être opaques aux regards toute l'année.

Haies naturelles plurispécifiques : une biodiversité épanouie

En revanche, une haie naturelle composée de diverses essences locales accueille des plantes de toutes tailles et de toutes formes qui produisent une multiplicité de fleurs et de fruits tout au long de l'année.

Cette diversité produit autant de niches écologiques qui sont exploitées par la faune pour se réfugier, se nourrir, se reproduire. La biodiversité d'une haie naturelle est donc bien supérieure à celle d'une haie de thuyas ou de lauriers-cerises.

De plus, les essences locales et la variation d'apparence d'une haie champêtre, aussi bien dans l'espace que dans le temps, assurent une intégration paysagère de la maison enclose, contrairement aux murs verts des haies de thuyas.

Choisir sa haie pour développer la biodiversité

Si vous souhaitez planter une haie, il vaut donc mieux choisir de concevoir une haie naturelle plutôt qu'un simple alignement d'arbres identiques. Un choix avisé d'espèces à feuillage persistant ou marcescent plantées de manière touffue remplira les mêmes fonctions d'écran visuel et accueillera en outre une multitude d'animaux dans un décor sans cesse changeant.

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