Trantor, la capitale du vieil Empire. Planète recouverte d'acier où toute nature a disparu au profit de bâtiments administratifs. © Ron Wollschläger

Sciences

Fondation

Foundation
Isaac Asimov
LivreClassé sous :science-fiction , Asimov , Isaac asimov

Dans Fondation d'Isaac Asimov, le psychohistorien Hari Seldon fait une prédiction : dans cinq cents ans, l'Empire Galactique s'effondrera et laissera place à 30.000 ans de guerre et de barbarie, mais, selon lui, il est possible de réduire cette période en un seul millénaire. Sa solution ? La Fondation, dont le rôle sera de rassembler le savoir de la galaxie dans une Encyclopédie sur la planète Terminus. Secrètement, la Fondation n'a d'autre but que de devenir le berceau d'où naîtra le nouvel Empire.

Résumé du livre

Isaac Asimov - Fondation

Dans un futur lointain, l'humanité a conquis les étoiles et a érigé un puissant Empire dont la puissance et la prospérité sont à l'épreuve des millénaires. En l'an 12067 de l'Ère Galactique, le psychohistorien Hari Seldon fait une prédiction : dans cinq cents ans, l'Empire Galactique s'effondrera et laissera place à une ère de guerre et de barbarie, longue de trente mille ans. L'humanité régressera et durant cette période d'obscurantisme tous les progrès scientifiques et culturels de l'Empire seront perdus à jamais. Mais il reste un espoir.

Grâce à de savants calculs, Seldon est arrivé à la conclusion qu'il était possible de réduire cette période de trente mille ans à un seul millier d'années. Sa solution ? La Fondation. Une organisation fondée par le scientifique pour réunir et compiler tout le savoir de la Galaxie en une gigantesque Encyclopédie, laquelle permettrait à la civilisation de renaître en puisant dans ce condensé de savoir.

Localisée sur une petite planète isolée de tout, la bien nommée Terminus, la Fondation se met donc au travail. Mais comme le temps passe, la situation dégénère tandis que l'Empire sombre lentement dans le chaos, nombre de planètes des Bordures faisant sédition avec l'Empire, fondant leurs propres petits Royaumes guerriers. Isolée et livrée à elle-même, la Fondation n'a plus d'autre choix si elle veut continuer sa mission que de lentement se transformer pour s'adapter à une Galaxie qui a oublié et ne comprend plus l'utilité de son existence.

Mythologie

  • Hyperespace : « en empruntant l'hyperespace, ce domaine inimaginable qui n'était ni espace ni temps, ni matière ni énergie, ni réalité ni néant, il était possible de traverser la Galaxie en un instant dans toute sa longueur », lit-on dans les premières pages du livre. Le voyage hyperspatial s'effectue par petits bonds successifs d'un point à un autre de l'espace. Ces petits bonds sont nécessaires car les pilotes doivent d'abord calculer leurs coordonnées dans l'espace en se repérant à la position des étoiles et à la trajectoire qu'ils ont prise auparavant. Ils doivent ensuite calculer la trajectoire à prendre par leurs vaisseaux en prenant en compte des paramètres tels que la présence d'objets célestes (planètes, météorites, etc.) de plus ou moins grande importance sur le chemin et de leurs champs de gravité respectifs, pour ne citer qu'eux. Chaque calcul entre deux sauts prend donc plusieurs jours et un trajet important peut prendre des mois.
  • La psychohistoire : méthode mathématique et statistique, utilisée par Hari Seldon pour prévoir l'avenir sur les mille prochaines années, repose sur la théorie des grands nombres. En effet, sa méthode ne repose que sur les grands mouvements sociaux et économiques qu'il arrive à prédire en étudiant leurs courants présents et en tablant sur leurs conséquences à venir. Le point faible de cette méthode repose dans le fait qu'elle ne s'attarde pas sur les individus en particulier.
  • L'Esprit Galactique :  Dans Fondation, le savoir atomique est perdu avec la décadence de l'Empire Galactique. Seule la Fondation conserve encore ce savoir et le développe de son côté. Lorsque des envahisseurs plus puissants viennent annexer leur planète, le seul atout de la Fondation est son savoir atomique, qu'elle dispense à son conquérant sous la forme d'une religion. Ainsi naît le culte de l'Esprit Galactique dont la planète Terminus devient la Mecque. Ses envahisseurs devenant dépendants de l'énergie atomique, la situation se retourne en faveur de la Fondation, seule détentrice du savoir atomique véritable. Plus tard, la Fondation mettra l'accent sur le commerce de petits objets atomiques (couteaux atomiques, bijoux lumineux...) qu'elle distribuera aux Planètes de la périphérie afin de doucement les convertir aux bienfaits de l'Esprit Galactique.
Les prêtres de l'Esprit Galactique sont les dépositaires du savoir de la Fondation et leur moyen de pression sur leurs opposants. © Dusan Kostic, Fotolia

Analyse

L'intelligence pour seule arme

Fondation est une chronique qui relate les grandes crises auxquelles la petite planète Terminus devra faire face au fil des siècles, et des grandes figures qui marqueront son histoire dans l'ascension de la Fondation vers le destin que lui a dessiné Hari Seldon : devenir le berceau d'où naîtra le Nouvel Empire.

L'intérêt principal du livre d'Isaac Asimov repose sur l'apologie de l'intelligence qui sous-tend l'entièreté de cette œuvre. En effet, au fil des crises diplomatiques qui jalonnent le parcours de la petite planète Terminus, jamais celle-ci ne fait usage de la moindre violence pour se défendre face aux déclarations de guerre que lui font d'autres planètes ou aux tentatives de colonisation qu'elle subit. Terminus, berceau de la Fondation, est en effet une petite planète dépourvue de moyens de défenses militaires mais trouve néanmoins à chaque fois l'arme la plus adaptée à son adversaire. Qu'il s'agisse de pressions religieuses, économiques ou politiques, la Fondation use toujours d'outils non violents. « La violence est le dernier refuge de l'incompétence », disait Hari Seldon.

Devenue objet de convoitise et de crainte, la planète Terminus doit son pouvoir technologique à l'Atome et au Culte qu'elle crée autour. On retrouve notamment cette thématique de la science devenue religion chez A.E. Van Vogt dans son Empire de l'Atome (1957) du cycle de Linn, que je vous invite à lire, les prêtres y deviennent capables de véritables miracles, donnant d'autant plus de force à leurs paroles. Mais à l'inverse d'Asimov, celui-ci mettait aussi en garde sur les effets pervers de l'atome, message qui devient de plus en plus actuel.

Une analyse de

Illustrateur, rédacteur