Avec Neuralink, sa nouvelle entreprise, Elon Musk ambitionne de créer une interface la plus directe possible entre le cerveau humain et les ordinateurs. © Peshkova, Fotolia

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Avec Neuralink, Elon Musk veut relier nos cerveaux à des machines

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Elon Musk, le patron de Tesla et SpaceX, vient de lancer une nouvelle entreprise baptisée Neuralink. Son ambition : créer une interface neuronale qui puisse, dans un premier temps, soigner des maladies telles que l'épilepsie et qui, à terme, permettrait au cerveau de communiquer directement avec un ordinateur afin de décupler nos performances intellectuelles.

Après l'espace (SpaceX), les voitures électriques (Tesla) et le train subsonique (Hyperloop), Elon Musk veut maintenant s'intéresser au cerveau. Comme le rapporte le Wall Street Journal, le très prolifique entrepreneur a créé l'été dernier une nouvelle entreprise baptisée Neuralink dont le but est de parvenir à fusionner le cerveau humain avec les ordinateurs. Ce projet n'a pas encore fait l'objet d'une annonce officielle, mais Elon Musk en avait déjà dessiné les contours lors d'un entretien avec des journalistes du site Recode.

Il évoque la création d'une « troisième couche numérique » qui viendrait compléter le système limbique et le cortex et fonctionnerait en symbiose avec notre cerveau. Cette couche, qui serait superposée au cortex, est ce qu'il appelle le « neural lace » (terme popularisé par l'auteur de science-fiction Ian M. Banks), une interface cérébrale directe qui prendrait la forme d'un maillage très fin, une sorte de dentelle reliée au système vasculaire cérébral qui alimente les neurones.

Si l’entreprise Neuralink d'Elon Musk (ici en photo) n’a encore rien dévoilé de ses projets, elle a recruté plusieurs scientifiques spécialisés dans les électrodes souples et le fonctionnement du cerveau. © Dan Taylor/Heisenberg Media, CC by 2.0

Le cerveau en prise directe avec les ordinateurs

Pour Elon Musk, nous sommes déjà des cyborgs dans le sens où une partie de nous-même est projetée sous forme numérique via l'informatique, les terminaux mobiles et l'Internet, qui nous confèrent des superpouvoirs. Selon lui, la limite de cette interaction Homme-machine se situe au niveau de l'interface entrée-sortie, c'est-à-dire notre capacité à recevoir et émettre des volumes d'informations à grande vitesse. La surcouche numérique dont parle Elon Musk serait là pour faire sauter ce goulot d'étranglement et mettre l'humain en prise directe avec la machine.

Partant de là, une telle interface neuronale nous aiderait, par exemple, à ne pas nous laisser dépasser par le développement de l'intelligence artificielle en augmentant nos capacités intellectuelles à volonté. Cela nous offrirait aussi la possibilité de sauvegarder notre mémoire et nos pensées. Cette vision qui s'inscrit dans le courant transhumaniste n'est pas sans rappeler celle des dirigeants de Google.

L'idée d'Elon Musk s'inscrit dans une approche à long terme du développement d'une telle technologie ; celle-ci supposera de grands progrès dans notre connaissance du cerveau, qui demeure encore très partielle. En attendant, Neuralink aura pour mission de développer une interface neuronale à but médical, susceptible d'aider les personnes souffrant d'épilepsie ou de dépression.

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