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Des caméras partout

Dossier - Tous sous surveillance ?
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Caméras de surveillance au coin de la rue, localisation de votre téléphone par votre patron, images satellites qui montrent jusqu'au détail de votre serviette de bain, puce électronique sous la peau pour entrer au carré VIP d'une boîte à la mode... Sommes-nous tous aujourd'hui réellement sous surveillance ?

  
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4,2 millions de caméras de surveillance de l'espace public au Royaume-Uni, 25 millions de caméras au total, si on y ajoute toutes celles installées dans les supermarchés, les parkings, aux abords des banques et dans toutes sortes de bâtiments et d'entreprises. Soit quasi une caméra pour 2,5 habitants. Le « modèle anglais » fait pâlir d'envie nos responsables nationaux.

© Wikipedia

Même si vous avez l'impression d'être toujours sous l'oeil d'une caméra, la France joue encore dans la cour des petits, et manque cruellement de caméras dans les espaces publics, comme ne cesse de s'en plaindre la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie. Paris, par exemple, ne compterait aujourd'hui « que » 30 800 caméras (publiques et privées), dont un tiers dans le réseau de transport et seulement 330  dans les rues ! Une paille comparée à Londres qui en aurait deux fois plus et où un Londonien a toutes les chances d'être filmé 300 fois dans une journée. Pourtant, certaines villes ont fait des efforts, comme Levallois-Perret, pionnière en la matière, ou encore Strasbourg (150 caméras en place, 60 à installer début 2008). Une centaine de villesfont d'ailleurs partie de l'Association nationale des villes vidéosurveillées (AN2V : www.an2v.org) et plus de 200 seraient équipées, d'après le ministère de l'Intérieur.

Il y aurait en tout environ 20 000 caméras sur la voie publique,et Michèle Alliot-Marie a décidé début novembre 2007 de tripler ce chiffre en deux ans. Il est malheureusement beaucoup plus difficile de donner un nombre global des caméras. La ministre elle-même l'évalue à 340 000, en totalisant les autorisations accordées dans le cadre de la loi de 1995. Nicolas Sarkozy parlait d'un million de caméras en tout, en comptant toutes celles qui ne font pas l'objet d'une demande d'autorisation ou qui ont oublié d'en déposer une ! Alors que certains pays « résistent » aux sirènes de la vidéosurveillance comme l'Allemagne ou le Danemark (ainsi que le notaient en 2004 les chercheurs du projet UrbanEye, www.urbaneye.net), la France semble bien décidée à rattraper le modèle anglais.

Halte aux voitures volées

157 000 voitures volées en 2006 ! Pour combattre ce fléau, la police se dote de nouveaux moyens. Le système LAPI (lecture automatisée de plaques d' immatriculation) installé par Sagem sur  7 véhicules de police est en test à l'heure où nous écrivons. Grâce à une caméra vidéo située sur le toit de la voiture, couplée avec un GPS et reliée à l'ordinateur de bord, lui-même en liaison avec les systèmes centraux par le réseau GSM, LAPI photographie toutes les plaques des voitures arrêtées ou roulant en sens inverse de la patrouille. Les numéros, directement identifiés par le logiciel (selon le principe de la reconnaissance de texte) sont envoyés à un service central qui compare chaque immatriculation à la base européenne des véhicules volés.

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En cas de concordance,  une alerte se déclenche dans la voiture de patrouille et les policiers peuvent intervenir. Les premiers tests semblent concluants (233 voitures volées identifiées en 11 mois pour les 4 véhicules parisiens) même si la CNIL a souhaité que le dispositif soit bien encadré : aucune liaison avec le fichier des cartes grises, conservation des données pendant 8 jours seulement et consultation réservée aux enquêtes judiciaires importantes. Au Royaume-Uni et aux États-Unis, le système est plus répandu et compare les immatriculations avec d'autres bases de données comme les absences de permis de conduire ou d'assurance.