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Qista, une solution durable pour la démoustication

ActualitéClassé sous :Jeunes Pousses , moustique , Biodiversité

Quel animal est le plus dangereux pour l'humain ? Le moustique, avec plus de 830.000 victimes par an ! Il était donc temps de développer une solution pour la démoustication, si possible connectée et éco-responsable, comme celle de Qista.

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[EN VIDÉO] Le moustique, le tueur le plus dangereux du monde  Ce reportage de Discovery Channel, Mosquito, la menace du siècle, nous met devant les yeux une des pires causes de mortalité dans le monde, le paludisme, qui touche plus de 200 millions de Terriens. Mosquito, c'est le moustique. Plus précisément l'anophèle. Pour tout savoir de ce fléau, que l'on sait combattre mais pas détruire, regardez le reportage complet, diffusé début juillet et disponible en replay sur les bouquets SFR. 

Né en Camargue, Pierre Bellagambi a très vite compris les nuisances liées à la présence de moustiques et surtout les effets collatéraux liés à leur éradication. Il a donc fondé Qista, une borne éco-responsable de démoustication alors qu'au moins 3.200 espèces différentes sont connues sur la Planète.

Pouvez-vous expliquer votre concept à ma grand-mère ?

Pierre Bellagambi : Qista est spécialisée dans la lutte contre les moustiques avec des bornes de démoustication sans danger pour les humains et les écosystèmes. Elles sont fabriquées en France à partir de 80 % de composants français.

Pierre Bellagambi, fondateur de Qista. © Qista

Quelle est votre solution ?

Pierre Bellagambi :  Notre borne antimoustique simule la présence humaine par dispersion de CO2 recyclé en faible quantité, équivalente à notre respiration, et par l'émanation de leurre olfactif pour reproduire notre odeur corporelle. Elle attire ainsi la femelle moustique, en quête d'un repas sanguin nécessaire à la maturation de ses œufs, et la piège à l'intérieur de la borne par aspiration. Pas de souci pour la biodiversité et la chaîne alimentaire, puisque les moustiques mâles et les autres espèces d'insectes ne sont pas attirés et continuent de jouer leur rôle dans l'environnement.

Les moustiques morts déshydratés peuvent également être redéposés dans la nature pour nourrir leurs prédateurs. La borne est efficace jusqu'à 60 mètres et permet de réduire jusqu'à 88 % la population de moustiques femelles sur une zone déterminée. Bien entendu, une étude est réalisée au préalable pour déterminer le meilleur emplacement possible avec l'aide de biologistes. Une fois les insectes capturés, notre Qista Lab peut les analyser, pour récolter des informations précieuses aux autorités sanitaires concernées, que ce soit sur les espèces, les niveaux d'infestation à prévoir, etc.

Pourquoi votre start-up va-t-elle changer le monde ?

Pierre Bellagambi :  Il faut savoir que le paludisme, qui est transmis à l'humain par la piqûre d'un moustique, tue 627.000 personnes par an, dont 80 % des enfants entre 0 et 5 ans, soit l'équivalent de 20.000 classes de 25 élèves... Et encore, on ne parle pas de tous les malades qui sont en souffrance, par exemple avec la dengue qui est devenue une maladie endémique sur l'île de la Réunion. Notre borne est une solution de prévention qui vient compléter l'arsenal de méthodes existantes et nécessaires pour combattre le moustique qui implique une approche de bout en bout.

Elle intervient en amont de la lutte intégrée en réduisant mécaniquement l'inconfort des piqûres de moustiques qui, de manière logique, peuvent potentiellement être porteurs de maladies. Et cela sans pour autant perturber la biodiversité et la chaîne alimentaire. Si les particuliers constituent la moitié de nos clients, de nombreuses collectivités font aussi appel à nos services pour être proactifs sur les lieux d'importantes captures et agir en amont sur la cause, comme des piscines sauvages, des eaux stagnantes, etc. Nous sommes par exemple présents avec 104 bornes à Kaolack au Sénégal, ou encore à Djibouti avec notre Qista Lab.

La borne antimoustique Qista. © Agence Glanum

Comment est né le projet ?

Pierre Bellagambi :  Je suis né en Camargue, un territoire magnifique mais qui héberge de nombreux moustiques du fait de ses zones humides. Des traitements, notamment chimiques, étaient régulièrement effectués mais comportaient de nombreux effets collatéraux comme la dégradation de la chaîne alimentaire et la pollution des sols. En tant que commercial à l'époque dans une société dont l'activité tournait autour de la protection intégrée, avec la réduction de l'utilisation des pesticides afin de minimiser l'impact environnemental, j'ai eu la volonté de m'attaquer au problème des moustiques avec Qista.

Comment avez-vous été accompagné et quelles sont les prochaines étapes ?

Pierre Bellagambi : L'idée est née en 2012, la société a été créée en 2014 et nous avons ensuite bénéficié d'une incubation à Aix-en-Provence et de subventions, notamment de la French Tech et avons été lauréats GreenTech verte du ministère de la Transition écologique. Les débuts ont nécessité beaucoup de travail, d'efforts, je ne me suis pas versé de salaire pendant quatre ans ! Mais ça valait le coup, puisqu'aujourd'hui Qista compte une soixantaine de salariés, près de 10.000 pièges déployés dans 18 pays et un réseau d'environ 500 partenaires et acteurs tiers autour de nous.

Si vous étiez Premier ministre, quelle mesure phare mettriez-vous en place ?

P. B. - Si j'étais Premier ministre aujourd'hui, je ferais en sorte d'accélérer la prise de conscience de l'urgence écologique déjà partagée par de nombreux citoyens. Je soutiendrais de nombreuses initiatives portées notamment par les start-up à impact positif. Cela passerait aussi par favoriser leur positionnement dans d'autres secteurs que les marchés conventionnels. Dans le cas de la démoustication, les appels d'offres ne sont par exemple pas vraiment ouverts aux innovations.

À quoi ressemblera le monde en 2050 ?

Pierre Bellagambi : Du fait de mes activités, je voyage souvent dans des pays en développement. J'y constate que, face à l'urgence du défi environnemental, les populations locales ont d'autres priorités en tête, celles de survivre et subvenir aux besoins essentiels. ll est de notre responsabilité collective de valoriser et communiquer sur les initiatives en faveur de la transition écologique et d'aider à leur développement. Certains éléments me font penser que nous sommes sur la bonne voie comme le modèle de l'agriculture biologique qui est de plus en plus répandu, car plus rémunérateur.

Quel sujet d'actualité de Futura vous a passionné ?

Pierre Bellagambi : Je suis abonné à Futura depuis quelques années déjà et j'ai toujours été fasciné par ce qui touche à l'astronomie. Votre article sur les exoplanètes à proximité de la terre a particulièrement éveillé ma curiosité : si ces planètes ont des caractéristiques similaires à la terre alors peut-être peuvent-elles abriter la vie et également être peuplées de moustiques ! J'ai été bien sûr également ému par l'image du télescope James-Webb et j'ai lu avec attention votre article à ce sujet. L'innovation a toujours été une grande source d'inspiration pour moi : je suis convaincu qu'en unissant nos forces et avec le soutien des pouvoirs publics, on peut arriver à des prouesses techniques !

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