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Teki, la visite médicale à distance avec le capteur Kinect

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Au Pays basque, les autorités ont modernisé leur système de santé en recourant aux nouvelles technologies afin de le rendre plus efficace et moins coûteux. Ainsi, la solution Teki permet-elle aux seniors atteints de maladies chroniques de pratiquer des visites médicales à distance en se servant d'un capteur Kinect installé sur leur téléviseur. Le système a permis d'éviter plus de 50.000 visites hospitalières en un an.

L’interface du service Teki est commandée à partir d’un téléviseur avec les gestes de la main détectés par le capteur Kinect. Le patient peut établir une vidéoconférence avec son médecin, envoyer et recevoir des messages vocaux ou des courriels. L’objectif est de suivre à distance des personnes souffrant de maladies chroniques afin de limiter les consultations hospitalières. © Osakidetza, Accenture, Microsoft

Le vieillissement des populations est un phénomène qui touche la plupart des pays développés. Cela pose des défis majeurs pour les systèmes de santé, qui doivent s'adapter en conséquence pour soigner plus et plus longtemps. Une équation des plus délicates à laquelle les nouvelles technologies peuvent contribuer à apporter une solution. Parmi les pistes explorées, la télémédecine est celle qui semble la mieux adaptée à de nombreux cas de figure. En témoigne l'expérimentation menée depuis un an en Espagne au Pays basque. Pour sauver un système de santé mis à mal par la crise économique et une population âgée en augmentation (18 % de la population est âgée de plus de 65 ans), les autorités locales ont mis en place une plateforme sur laquelle les patients peuvent accéder aux services médicaux en se servant de leur téléphone mobile et d'Internet. Il y a également un système qui permet d'interagir à distance depuis son domicile en utilisant un capteur de mouvements Kinect et un téléviseur.

Baptisé Teki, il a été développé par le service de santé publique du Pays basque (Osakidetza) et la société Accenture, spécialisée dans le conseil et le développement de systèmes d'information. Ce service se destine aux personnes souffrant de maladies respiratoires chroniques, avec l'objectif de réduire les visites médicales en réalisant des contrôles de routine à distance. Selon un chiffre fourni par le directeur général de l'Osakidetza, 70 % des coûts de santé sont liés aux maladies chroniques. Au Pays basque, en 2011, l'espérance de vie moyenne a atteint 78,1 ans.

Examens pratiqués par vidéoconférence

Teki est un kit envoyé au patient dans lequel se trouvent un capteur Kinect, un moniteur de fréquence cardiaque sans fil qui mesure le pouls via le doigt et un spiromètre pour évaluer l'état des voies respiratoires. Face à son écran de télévision, la personne pilote l'interface avec des gestes de la main. Elle se connecte en vidéoconférence avec son médecin, qui va l'inviter à réaliser les examens nécessaires à l'aide des capteurs mentionnés. Elle fournit également des informations sur son état général en répondant à un questionnaire à choix multiple.

Le kit Teki contient un capteur Kinect, un moniteur de fréquence cardiaque et un spiromètre. Connecté en vidéoconférence avec son médecin, le patient réalise lui-même les examens. Les données sont transmises en temps réel au praticien, qui peut compléter la consultation par quelques exercices de physiothérapie pratiqués sous la vigilance du capteur Kinect qui valide leur exécution correcte. © Osakidetza, Accenture, Microsoft

Les données sont transmises en temps réel au praticien qui peut juger de l'état du patient et lui demander ensuite d'effectuer des exercices de physiothérapie. À l'écran, un avatar guide la personne pour l'aider à effectuer les gestes, tandis que le système de détection des mouvements du corps du capteur Kinect confirme qu'ils sont réalisés correctement. Cette étape sert à mesurer les progrès d'une rééducation et à déceler d'éventuels problèmes qui peuvent nécessiter une consultation de visu.

Outre la vidéoconférence, Teki comporte une messagerie vocale et électronique, grâce à laquelle le personnel médical peut échanger régulièrement pour prodiguer des recommandations, rappeler les posologies et s'assurer que les traitements prescrits sont respectés. Dans un entretien accordé à la chaîne CNBC, Mark Knickrehm, le directeur général de la division santé et service public d'Accenture, indique que l'expérience pilote menée au Pays basque a permis d'éviter 52.000 visites en centre hospitalier et d'économiser 55 millions de dollars, soit 40,5 millions d'euros.

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