La puissante éruption de ce bébé-étoile éclaire sur les premiers jours du Soleil

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Les protoétoiles de classe 0 (âgées de 10.000 ans) représentent le stade d'évolution le plus précoce des étoiles semblables à notre Soleil. Dans ces protoétoiles jeunes, plus de la moitié de la masse se trouve encore dans une enveloppe étendue de gaz et de poussières en chute libre, et pas dans l'étoile centrale en formation, qui est donc cachée par une grande quantité de matière, rendant sa détection très difficile dans la plupart des longueurs d'onde.

Ainsi, bien que l'émission de rayons X soit une signature bien observée de l'activité magnétique dans les protoétoiles de classes I (âgées de 100.000 ans) et les étoiles jeunes, la présence d'une telle activité magnétique au stade classe 0 est encore discutée. En effet, les quelques objets très enfouis détectés en rayons X dans les régions de formation d'étoiles n'étaient jusqu'à présent que des protoétoiles de classe I.

Les observations de Chandra de la Nasa pourraient aider à mieux comprendre notre Soleil et le système solaire tels qu'ils sont aujourd'hui. © Nasa, CXC, Aix-Marseille University, N. Grosso et al

L'observatoire spatial Chandra de la Nasa a vu pour la première fois en rayons X une protoétoile certifiée de classe 0. HOPS 383, située dans le nuage moléculaire d'Orion 3 à une distance de 1.370 années-lumière, a été détectée pendant une puissante éruption en rayons X qui a duré environ trois heures et a atteint à son pic, un niveau d'émission au moins 10 fois plus élevé que celui hors éruption (non détecté) de HOPS 383. Le spectre de l'émission en rayons X est très absorbé et montre une forte raie d'émission à 6.4 keV, provenant du fer neutre ou faiblement ionisé.

Cette détection prouve que l'activité magnétique est déjà présente au stade d'évolution le plus précoce des étoiles de type solaire. Les rayons X contribuent à l'ionisation de la base du flot et irradient la matière neutre ou faiblement ionisée au voisinage de l'objet central. Une telle activité magnétique est la source probable des particules énergétiques qui avaient été proposées dans la littérature pour expliquer les anomalies d'abondances observées dans les météorites et la chimie moléculaire dans les protoétoiles jeunes.

À gauche : image infrarouge Spitzer (rouge : 4.5 microns) et SOAR (vert : hydrogène moléculaire choqué à 2.12 microns ; bleu : bande K à 2.15 microns). À Droite : détection de HOPS 383 en rayons X avec Chandra (rouge : 0.5-2 keV ; bleu : 2-7 keV). © Nasa, CXC, NOAO, Grosso N. et al