La station spatiale soviétique MIR a été désorbitée avec succès en mars 2001. © Александр Байдук, Adobe Stock
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La future station spatiale russe se dévoile un peu plus

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La décision russe de quitter le programme de la Station spatiale internationale a surpris de nombreux experts, notamment pour les raisons invoquées. Quant à l'idée de construire et d'utiliser une nouvelle station spatiale, peut-être un peu mieux adaptée pour répondre aux besoins des Russes, son financement est tout de même très incertain. 

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Il y a quelques jours le vice-Premier ministre russe Iouri Borisov a déclaré vouloir se retirer du programme de la Station spatiale internationale (ISS) dès 2025 pour développer et construire une nouvelle station spatiale russe. Une sortie médiatique très remarquée, mais qui laisse songeurs et sceptiques de nombreux experts du secteur spatial. Certains sont convaincus qu'il s'agit d'une sorte de chantage pour rester à bord de l'ISS à moindre coût !

En attendant d'y voir plus clair, Roscosmos a dévoilé de nouvelles informations sur cette future Station baptisée Ross (Russian Orbital Space Station) qui ne sera pas occupée en permanence. Elle sera installée sur une orbite différente de celle de l'ISS avec une inclinaison à 97° au lieu des 51,6°. Une inclinaison qui permettra la couverture totale du territoire russe contre seulement 20 % par l'ISS.

Le premier module sera lancé en 2028 par un lanceur Angara depuis le cosmodrome Vostochny. Il s'agit du module NEM (Science and Power Module) qui comprend une partie pressurisée et l'autre non. Initialement prévu pour étendre la partie russe de l'ISS, la construction de ce module a déjà débuté. Il sera donc nécessaire de l'adapter à sa nouvelle fonction. Dans un premier temps, la station Ross sera constituée de quatre modules avec des ports d'amarrage et un sas de sortie dans l'espace. Une extension de la station est envisagée à l'horizon 2030 avec notamment un port d'amarrage réservé pour un véhicule lunaire. Une première mission habitée pourrait avoir lieu dès 2026.

Une partie du module NEM qui sera le premier élément de la station Ross. Son lancement est prévu en 2028. À l'image, un modèle structurel qui ne sera pas le modèle de vol. © Roscosmos

La Russie pourra-t-elle financer cette station spatiale ?

Cette décision russe est plutôt surprenante et plusieurs questions restent en suspens, notamment celle du financement. En effet, l'Agence spatiale russe (Roscosmos) est engagée dans plusieurs programmes qui nécessitent des financements élevés que le gouvernement russe aura beaucoup de mal à garantir. On citera en exemple le renouvellement et la modernisation d'une partie de sa flotte de lanceurs et le développement d'un nouveau véhicule de transport d'équipage. À cela s'ajoute un ambitieux programme d’exploration robotique et humain de la Lune, en coopération avec l'Agence spatiale européenne pour la partie robotique et la Chine pour l'installation d'une base en dur et dans le domaine des vols habités.

Enfin, la source de financement qu'était la Nasa avec son programme d’achat de sièges à bord des capsules Soyouz s'achève. Or, il faut savoir que depuis 2006, la Nasa, qui a la charge du transport des astronautes américains, européens et japonais à bord du complexe orbital, a acheté 70 sièges pour un montant approximatif de 3,9 milliards de dollars !

Autre interrogation, le coût d'utilisation et d'entretien de cette future station spatiale nécessitera un budget en constante augmentation pendant toute la durée de sa vie opérationnelle.

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