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Dossier : la question de la culture dans le monde animal

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Découvrez le dossier Les animaux ont-ils une culture ? Il est difficile de définir la culture, et de là de déterminer si elle est une  spécificité humaine ou une caractéristique partagée par le monde animal. 

Peut-on parler de pratiques culturelles pour les animaux ? © DR

La culture, c'est une affaire d'Hommes. Nous, les Homo sapiens, les « hommes qui savent » et qui, par-dessus le marché, savent très bien qu'ils savent. La culture est à nous et à nous seuls. Les chimpanzés sont nos cousins, les dauphins sont d'une intelligence à faire pâlir toute une promotion de l'École polytechnique, les fourmis sont capables des prouesses les plus étonnantes. Sur ces questions, rien à redire. Les animaux ont-ils une certaine forme de langage, de pensée ou de conscience ? Pourquoi pas. Mais la culture, que diable, vous n'y pensez pas !

 

Voilà 150 ans au moins que les anthropologues, sociologues et autres ethnologues ont défini la culture comme un ensemble de croyances, de traditions, de règles sociales et de valeurs morales acquises par l'Homme lorsqu'il devient membre d'une société.

 

La pêche aux insectes est une des pratiques les plus étudiées chez les chimpanzés. Elle concerne surtout les femelles, les mâles préférant la technique moins délicate qui consiste à plonger le bras dans le nid pour y remonter des poignées d'œufs, d'insectes et de terre mélangés.

 

Les techniques de chasse sont nombreuses chez les cétacés, notamment chez les dauphins et les orques dont les comportements sont parmi les plus variés du monde animal. Les orques (Orcinus orca) vivant au sud de l'Argentine et autour des îles Crozet ont une technique spéciale pour attraper des otaries ou des phoques.

 

Chez les oiseaux chanteurs, l'existence de variations entre populations est aujourd'hui incontestable et concerne de nombreuses espèces. Pour ne prendre qu'un exemple, le bruant à couronne blanche (Zonotrichia leucophrys), qui peuple les forêts d'Amérique du Nord, commence en général son chant par un sifflement assez long, suivi d'un autre sifflement plus bref ou d'un bourdonnement. Ensuite, les syllabes sont construites et enchaînées au gré des populations.

 

Connue depuis les travaux de l'Autrichien Karl von Frisch dans les années 1940, la danse des abeilles est un langage au sens biologique du terme : en se trémoussant de l'arrière-train, l'insecte fournit à ses congénères plusieurs informations. Mais est-elle en plus un langage symbolique ? Cela se pourrait.

 

La taille d'un organe doit bien sûr se juger en fonction du gabarit de la bête. Dire que le rhinocéros blanc possède un cerveau plus massif que le colibri ne permet guère de conclusions scientifiquement valides. Il faut comparer des proportions relatives, ramenées à la masse ou au volume total d'un organisme. C'est ce qu'on appelle, pour le cerveau, le « coefficient d'encéphalisation ».

 

Les fourmis sont indéniablement, dans l'histoire de la vie, une formidable réussite. Elles ont colonisé la Terre entière, fondé des supercolonies couvrant des milliers de kilomètres carrés, se sont adaptées à tous les environnements où elles réalisent de véritables prouesses techniques. Peut-on parler de culture ?

 

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