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Perte de Mars Global Surveyor (MGS) : une erreur humaine

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Les conclusions d'une commission d'enquête formée au sein de la NASA sont formelles : la suite d'évènements qui ont abouti à la perte de Mars Global Surveyor (MGS) en novembre 2006 a été provoquée par une erreur humaine.

Mars Global Surveyor en orbite martienne (image d'artiste).

Cinq mois avant la panne qui a affecté l'engin, une nouvelle série de commandes ainsi qu'un renouvellement du programme informatique avaient été transmis depuis la Terre. Il s'agissait essentiellement d'une mise à jour tenant compte des plus récentes coordonnées orbitales, qui contenait les instructions nécessaires au maintien des panneaux solaires de Mars Global Surveyor vers le Soleil, ainsi que de son antenne à grand gain en direction de la Terre.

Tout s'est bien passé jusqu'à ce jour fatidique du 2 novembre 2006, où après une commande routinière de réorientation de ses collecteurs solaires, la sonde s'est soudain mise à émettre une série d'alarmes sur son fonctionnement interne qui semblaient indiquer un mauvais fonctionnement des panneaux et une perte de puissance d'une des batteries, puis un nouveau signal indiquait que la situation était stabilisée. Mais onze heures plus tard, la puissance d'émission décroissait rapidement et le contact avec la Terre était définitivement perdu.

La commission d'enquête de la NASA, dirigée par Dolly Perkins, directeur technique du Goddard Space Flight Center, vient de rendre ses conclusions. Lorsque le vaisseau s'est retrouvé, par suite d'un concours de circonstances, dans une mauvaise configuration de vol, l'ordinateur de bord a aussitôt entrepris les manœuvres nécessaires afin de modifier son programme d'assiette. De fait, les panneaux solaires ont été à nouveau correctement orientés et la recharge des batteries, qui avait été interrompue durant ce temps, a pu reprendre.

Mais pour effectuer ces manœuvres, l'ordinateur exécutait le nouveau logiciel qui avait été envoyé à la sonde quelque cinq mois plus tôt. Malheureusement, et cela les techniciens ignoraient, il comportait une erreur de programmation. Bien que sa position soit correcte en ce qui concerne l'orientation des panneaux et des antennes, Mars Global Surveyor se présentait à présent sous un angle qui exposait directement une de ses batteries au rayonnement solaire, paramètre qui n'avait apparemment pas été pris en compte. La surchauffe ainsi provoquée entraîna rapidement sa destruction, tandis que la seconde batterie s'épuisait rapidement. Il faut dire qu'elles accusaient dix années de fonctionnement continu dans l'espace...

En onze heures exactement, toute l'énergie disponible à bord était épuisée et MGS, privée d'alimentation électrique, se mettait à dériver tandis que son antenne à grand gain se désalignait, rendant toute intervention à distance impossible.

La commission d'enquête indique aussi que l'équipe de techniciens a parfaitement accompli toutes les mesures qui s'imposaient pour tenter de reprendre la situation en mains, mais que celles-ci étaient insuffisantes pour déceler les causes du mauvais fonctionnement. Elle émet une série de recommandations non seulement pour les missions futures, mais aussi pour les sondes actuellement au travail aussi bien en orbite qu'en surface de la Planète rouge, axées notamment un examen plus rigoureux de tous les sous-programmes régulièrement transmis par télémétrie.

Lancée en 1996, Mars Global Surveyor est restée entièrement opérationnelle quatre fois plus de temps qu'initialement prévu, ce qui constitue un record absolu de longévité. Elle a permis de déterminer les sites d'atterrissage de Spirit et Opportunity, a mis en évidence des traces d'écoulement d'eau dans le passé de Mars et étudié les tempêtes de poussière des vastes plaines martiennes.

Mais cette panne, survenue sur une sonde en parfait état de fonctionnement, indique aussi une des limites de l'exploration robotique du Système solaire en fournissant un exemple d'incident qui serait resté sans conséquence lors d'un vol habité. En effet, l'erreur de jugement d'un ordinateur qui n'a pas pris en compte l'ensoleillement fatal d'une batterie, simplement parce qu'il n'était pas programmé pour cela, n'aurait jamais été commise par un cerveau humain.

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