Sciences

Ouvrir la frontière de l'espace est dangereux

ActualitéClassé sous :Univers , peter diamandis , spaceone

-

Formidable étape dans la conquête de l'espace, le vol de SpaceShipOne a démontré que le secteur privé pouvait financer un engin suborbital. La firme Scaled Composites détaille désormais un peu plus les difficultés rencontrées lors du vol.

En effet, un dysfonctionnement des contrôles a entraîné une déviation de trajectoire de 30 km et explique pourquoi SpaceShipOne a tout juste dépassé les 100 km alors qu'une marge plus confortable était prévue (120 km).

Si les systèmes redondants ont évité tout problème sérieux, ce genre d'anomalie est qualifiée de «serious matter». En conséquence, SpaceShipOne ne reprendra la route du suborbital que lorsque les tenants et aboutissants du problème rencontré seront compris et résolus.

Fondateur du ANSARI X PRIZE


On remarquera que le fondateur du ANSARI X PRIZE, Peter Diamandis, pour lequel concourt le SpaceShipOne, n'a jamais caché les risques potentiels de cette compétition. Dans une interview accordée à ESPACE magazine avant le vol, il s'expliquait à ce propos et exposait les possibilités d'exploitation commerciale du spatial.

ESPACE Magazine : On dit que notre société n'accepte plus le risque. Cela peut-il freiner le tourisme spatial ?

Peter Diamandis : Oui, ouvrir la frontière de l'espace est dangereux. Mais c'est un risque qui vaut la peine d'être pris. Pour être précis, lorsque vous prenez en compte tous les accidents liés au spatial, le taux de mortalité est d'environ 3 à 4 %. Ce qui équivaut aux 10 premières années de l'aviation, en 1903-1913, lorsque 35 de nos 1.000 pilotes sont morts. Le vol spatial est encore très primitif. Pour avancer, nous avons besoin d'augmenter le nombre de vols.

ESPACE Magazine Quelles pourraient être les bonnes bases d'un business spatial rentable ?

Peter Diamandis : Je cherche à élargir le domaine spatial commercial. On pourrait envoyer des missions privées vers la Lune ou Mars, sponsorisées par des chaînes de télévision qui cherchent à raconter à leur public des histoires liées à l'aventure. Il existe toutefois un marché bien plus significatif avec le vol spatial pour tous, où les gens apprendraient à voler à bord d'un vaisseau spatial et deviendraient des astronautes privés. (...)

Mais l'activité la plus importante serait l'extraction de ressources issues de l'espace. La population mondiale consomme plus de 12.500 milliards de kilowattheures d'électricité par an. (...) Récolter l'énergie directement dans l'espace en y utilisant les ressources disponibles nous offrirait le moyen de prospérer sans mettre en danger notre propre planète.

Retrouvez l'intégralité de l'interview dans ESPACE Magazine n°7, actuellement en kiosque.

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour.

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !

Cela vous intéressera aussi