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Mars : des tempêtes électrifiées à l'origine du mystère des sondes Viking ?

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En 1976, les deux sondes américaines Viking ont à leur bord des instruments hautement sophistiqués destinés à déceler d'éventuels organismes vivants à la surface de Mars. Mais ceux-ci fournissent des résultats ambigus qui demeuraient jusqu'à présent énigmatiques. Trente ans plus tard, il se pourrait bien qu'une équipe de la NASA ait enfin levé le voile sur la question de la vie martienne...

L'atterrisseur de Viking 2 prêt à sonder le sol martien. © NASA

L'ambitieux programme Viking de la NASA consistait en deux engins, Viking 1 et Viking 2, chacun formé d'un orbiteur et d'un atterrisseur capable de se poser en douceur à la surface de la planète. Chaque atterrisseur comportait, entre autres, trois expériences de microbiologie ainsi qu'un détecteur de matière organique. Des échantillons du sol martien étaient prélevés pour être mélangés à une solution nutritive. Si une forme de vie microscopique était présente, les substances nutritives seraient consommées et les capteurs détecteraient le rejet de différents gaz.

Lorsque les sondes Viking ont transmis les premiers résultats, les réactions très vives qu'elles ont enregistrées dans les chambres de culture ont d'abord déclenché une véritable euphorie.

Cela était compatible avec une activité biologique et la présence de micro-organismes dans le sol ! Mais c'était sans compter les résultats contradictoires délivrés par le quatrième appareil : celui-ci ne releva pas la moindre trace de matière organique...

En 1977, les chercheurs ont tenté d'expliquer cette contradiction en suggérant que le sol contenait une substance non-organique très réactive responsable de nombreuses réactions chimiques parasites. Cette hypothèse d'un sol hautement réactif, à base d'eau oxygénée (H202) et d'ozone (O3), semble aujourd'hui reconnue par la majorité de la communauté scientifique. Mais personne n'était encore parvenu à comprendre l'accumulation d'une telle quantité de matière réactive dans le sol martien.

A l'époque, certains chercheurs suggéraient déjà que des tempêtes de poussière électriquement actives, semblables aux orages terrestres, pourraient être à la source de cette nouvelle chimie réactive. Dans l'édition de juin 2006 du journal Astrobiology, le Dr. Gregory Delory, du Space Sciences Laboratory de Berkeley, et le Dr. Sushil Atreya, professeur de sciences planétaires à l'Université du Michigan, présentent une analyse détaillée qui, trente ans après, vient appuyer cette théorie.

Vue d'artiste d'une tempête de poussière électriquement chargée. Les symboles "+" et "-" représentent respectivement les charges électriques positives et négatives. © NASA

Des tempêtes de poussières naissent fréquemment dans les déserts froids de Mars, faisant parfois même rage à travers la planète entière. Portées par les vents, les particules de poussière peuvent devenir électrisées en se frottant les unes contre les autres. Un tel phénomène est observé sur Terre, et des études indiquent que les conditions qui règnent au coeur de ces tempêtes sont susceptibles d'engendrer de forts champs électriques. L'équipe de chercheurs a estimé que cette électrification de l'atmosphère martienne était suffisante pour casser les molécules de dioxyde de carbone et d'eau et permettre une recombinaison en espèces réactives, telles que l'eau oxygénée ou l'ozone, s'accumulant au fil du temps dans le sol martien.

On y voit enfin plus clair sur les données ambiguës envoyées par la mission Viking alors qu'elle sondait le sol martien à la recherche de signes de vie. Comme suggéré au lendemain de la mission, des tempêtes de poussière chargées électriquement auraient faussé l'interprétation des expériences de micro-biologie menées sur Mars en 1976. Une future mission sur la planète rouge permettra sans doute de valider définitivement cette théorie par des mesures directes.

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