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Après la tragédie de Columbia, un nouvel engagement vis-à-vis de l'exploration spatiale

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Une fois de plus, les périls de l'exploration spatiale nous ont été tragiquement rappelés. Gus Grissom avait compris ce danger il y a trente-six ans. "La conquête de l'espace vaut la peine de risquer sa vie", avait-il déclaré peu de temps avant que lui et deux autres astronautes ne périssent dans l'incendie d'Apollo.

Christa McAuliffe, une enseignante du New Hampshire, et les six autres astronautes à bord de la navette spatiale Challenger frappée par le destin, avaient aussi compris le risque et l'avaient accepté.

A l'instar de Gus Grissom, de Christa McAuliffe et des huit autres personnes mortes antérieurement dans le cadre de notre programme spatial national, les sept astronautes qui sont morts au-dessus du Texas étaient prêts à s'exposer à ce risque en échange des énormes avantages que leur courageuse exploration des cieux pouvait offrir à l'humanité.

Comme tant d'autres Américains, jamais je n'oublierai le lancement de Challenger dans le ciel limpide de Floride le 28 janvier 1986. Dix jours plus tôt, en ma qualité de président de la sous-commission de la Chambre sur l'espace, j'étais rentré d'une expédition de six jours à bord du vingt-quatrième vol de la navette spatiale Columbia. Des collaborateurs et moi-même étions rassemblés autour du poste de télévision dans mon bureau de Washington, et j'étais en train d'expliquer chaque étape du lancement lorsque la terrible explosion s'est produite.

Hier matin, le ciel était tout aussi bleu lorsque Columbia volait majestueusement à soixante et un mille mètres au-dessus du Texas vers la destination prévue pour son atterrissage au Centre spatial Kennedy en Floride, après une mission scientifique dans l'espace de seize jours.

Il faudra du temps avant que l'on sache ce qui a causé la fin soudaine et horrible de son vol et la mort tragique des six astronautes américains et du premier Israélien à participer à une telle mission qui se trouvaient à bord.

Aujourd'hui, ceux qu'ils aimaient et qu'ils laissent sont dans nos coeurs et nos prières. Et, alors que nous transmettons notre respect et notre gratitude aux familles des astronautes tombés, nous devons nous engager à nouveau à garantir que l'exploration qui sera faite à l'avenir de l'espace - cette dernière frontière - soit aussi sûre qu'il est humainement possible de la faire.

Nous pouvons déjà remercier le programme spatial pour avoir donné naissance à quelque treize cents avancées techniques, notamment à la tomographie, aux dialyseurs et au coeur artificiel.

Aujourd'hui, grâce à la station spatiale, la poursuite de la recherche pourrait un jour conduire à la guérison du cancer et à d'autres découvertes dont bénéficiera la vie sur terre.

C'est là la cause pour laquelle dix-sept explorateurs de l'espace ont donné leur vie. C'est la cause pour laquelle tous nos astronautes ont risqué leur vie depuis près de quarante ans. Et c'est la cause qui a mis cette nation sur la lune en 1969.

Notre prochaine destination peut encore être la planète Mars, mais il nous faut attacher une priorité encore plus grande lorsqu'il s'agit de garantir la sécurité de ceux qui pourraient y aller. Après l'explosion de Challenger, notre pays s'est de nouveau engagé à rendre aussi sûrs que possible les vols spatiaux. Mais ces efforts ont pris du recul en raison des pressions et des réductions budgétaires intervenues ces dernières années. Il nous faut maintenant, à la lumière de cette nouvelle tragédie, prendre un nouvel engagement. Et nous devrons le respecter.

Comme l'a dit Gus Grissom, la conquête de l'espace en vaut la peine.

Note : cet article du sénateur Bill Nelson (démocrate de Floride), membre de la sous-commission chargée des forces stratégiques des services armées, qui a également la responsabilité des questions spatiales, a été publié le 2 février 2003 dans le Washington Post. Il appartient au domaine public et peut être reproduit librement.

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