Vue d'artiste des trois satellites Ceres (CapacitÉ de Renseignement Électromagnétique Spatiale) lancés à bord d'un lanceur Vega depuis le Centre spatial Guyanais. © Airbus
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La France se dote d'une capacité inédite de renseignement électromagnétique spatiale

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Après le lancement du satellite militaire Syracuse 4A, en octobre, Arianespace doit lancer ce matin une constellation de trois autres satellites militaires. Ceres, c'est le nom de la constellation, doit donner à la France un nouvel avantage dans sa capacité spatiale de surveillance dans le domaine du renseignement électromagnétique. 

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Pour son douzième lancement de l'année, Arianespace doit lancer ce matin la constellation Ceres (CapacitÉ de Renseignement Électromagnétique Spatiale). Pour cette mission, Arianespace utilisera le lanceur Vega, dont ce sera la troisième exploitation cette année. Ces satellites seront lancés sur une orbite héliosynchrone à 7.048 kilomètres inclinée à 75°. Pour ce vol, la performance demandée au lanceur est d'environ 1.548 kg. Pour ceux qui souhaitent suivre ce lancement, le décollage de Vega est prévu précisément à 10 h 27, heure de Paris. Il sera retransmis sur la chaîne YouTube d'Arianespace.

Un système unique en Europe

Cette constellation de trois satellites militaires, qui voleront en formation, doit offrir à la France sa première capacité opérationnelle de renseignements d'origine électromagnétique depuis l'espace. Concrètement, avec Ceres, la France sera en mesure d'assurer une veille stratégique permanente et mondiale. Cette constellation est conçue pour détecter et localiser les signaux électromagnétiques émanant des systèmes de communication radio et des radars dans les zones inaccessibles par les senseurs terrestres.

Ces trois satellites ont été conçus et réalisés par Airbus Defence and Space et Thales pour le compte de la Direction générale de l'Armement.

Un lanceur Vega sur son pas de tir du Centre spatial Guyanais. © ESA, M. Pedoussaut

Comme nous l'explique le ministère des Armées, les atouts de Ceres sont nombreux. Ils donneront à la France un nouvel avantage dans la capacité spatiale de surveillance française, tels que :

  • Localiser et caractériser les signaux électromagnétiques émis par les systèmes adverses, en particulier les radars (que ce soit dans une zone isolée, voire désertique, les radars émettent en permanence des signaux dits électromagnétiques).
  • Capter 24h/24 et 7j/7 des signaux.
  • Partout dans le monde (pas de contraintes géographiques), survol régulier de la Terre ; dotés de capteurs performants, les satellites Ceres pourront observer toutes les zones du monde sans contraintes d'accès et ainsi recueillir du renseignement sur des zones inaccessibles aux autres capteurs Roem (capteurs terrestres, maritimes et aéroportés).
  • Sans contrainte juridique (telles que les autorisations de survol pour les avions).
  • Obtenir du renseignement dans les territoires dont les frontières sont fermées ou fortement restreintes et non accessibles aux aéronefs, bateaux ou véhicules terrestres.
  • Disposer d'une cartographie exhaustive des activités électromagnétiques : connaitre la localisation et le niveau d'activité des radars (au sol ou embarqués sur des navires ou des véhicules par exemple) dans toutes les zones d'intérêt et les zones de conflit et avoir une connaissance précise des capacités techniques et opérationnelles ennemies.

L’héritage de plusieurs satellites militaires

Ces trois satellites d'écoutes électromagnétiques sont les héritiers du satellite précurseur Cerise, lancé en 1995, puis de Clémentine en 1999. À l'époque, Cerise (Caractérisation de l'Environnement Radioélectrique par un Instrument Spatial Embarqué) avait été conçu pour étudier l'environnement radio-électrique de la Terre afin de préparer de futurs satellites d'écoutes opérationnels. Suivront les deux constellations de quatre satellites chacune, Essaim (2004) et Elisa (2011), dont le retour d'expérience servira à développer les satellites Ceres. Par ailleurs, la suite de la constellation Ceres est déjà à l'étude avec le programme Celeste.

Note
La DGA ne souhaitant pas diffuser des images montrant les satellites avant leur lancement, nous ne mettrons en ligne une image qu'à la fin de la mission de Vega qui, bien évidemment, ne permettra pas de voir les équipements classifiés des satellites mais donnera une toute petite idée de ce à quoi ressemble un satellite militaire. 

Les trois satellites de la constellation Ceres. Développés et construits à l'identique par Airbus Defence and Space et Thales, ils sont équipés de la charge utile de renseignement d’origine électromagnétique (Roem). © Airbus
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