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Désaccords sur un quota de femmes dans la communauté scientifique

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La proposition de Ernst Ludwig Winnacker, président de l'agence de moyens pour la recherche allemande (DFG), d'instaurer un quota de femmes chez les scientifiques a déclenché un débat houleux.

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Dans une enquête du Handelsblatt publiée le 6 juin, les présidents des sociétés Fraunhofer et Max-Planck se sont fermement opposés à ce projet alors que leurs collègues des sociétés Leibniz et Helmholtz considèrent que cette mesure est presque inévitable.

La présidente de la conférence des recteurs de l'enseignement supérieur (HRK), Margret Wintermantel, considère pour sa part que les quotas sont un des instruments possibles. Parallèlement, les équipes de direction de l'enseignement supérieur pourraient, selon elle, corréler les attributions budgétaires des facultés à certains objectifs dont, notamment, la bonne utilisation du potentiel intellectuel des femmes scientifiques.

En 2003, au sein des établissements d'enseignement supérieur allemands, 13% seulement des professeurs étaient des femmes, ce pourcentage passant même à 8% pour les professeurs les plus gradés (échelon C4). Les organismes de recherche extra-universitaire ont des résultats encore plus mauvais ; malgré divers programmes de soutien aux femmes et la mise en place de garderies, on ne compte que 7,7% de femmes à des postes de direction.

La ministre de l'enseignement et de la recherche, Annette Schavan, a qualifié ce bilan de très insatisfaisant. Elle ne souhaite pas donner de directives concrètes car elle considère que c'est aux organismes de recherche et aux établissements d'enseignement supérieur eux-mêmes de choisir les instruments qui leur paraîtront adaptés pour combler ce déficit.

Le président de la société Leibniz (WGL) compte parmi les plus véhéments défenseurs de l'instauration d'un quota de femmes obligatoire. Selon lui, M. Winnacker a entièrement raison et les scientifiques doivent exiger des quotas jusqu'à ce qu'un équilibre soit atteint (50/50). Sans intervention massive et impopulaire, il ne pense pas que de tels objectifs puissent être atteints.

Par Anne-Claire Geffrier.

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