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9 mars 2004 : une journée historique, un nouvel élan pour la recherche

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Ce 9 mars 2004 restera dans l'histoire comme le jour où des milliers de directeurs de laboratoires se sont levés pour dire d'une seule voix, "NON à la précarité de la recherche".

crédit photo : Agnès Anne /LEM P7

En cette journée ensoleillée et froide du Mardi 9 mars 2004, l'agitation secouant le monde de la recherche en France était à son comble. En effet, cette journée constituait la date butoir fixée au gouvernement par le collectif "Sauvons La Recherche", pour prendre des mesures concrètes, afin d'encourager et de redynamiser la recherche Française en la rendant notamment plus attirante pour les jeunes, qui chaque année se détournent de plus en plus des filières scientifiques.

Après plusieurs semaines d'un bras de fer sans précédent entre le gouvernement et les chercheurs, ceux-ci ont tenu leurs engagements. En effet, malgré l'annonce faite ces derniers jours par le gouvernement du déblocage des crédits actuellement gelés, de l'ouverture d'une centaine de postes de chercheurs et ingénieurs de recherche aux concours 2004, ainsi que la promesse d'accorder 1 milliard d'euros par an pendant 3 ans à la recherche (sous quelle forme?), 976 directeurs d'unité et 1.110 chefs d'équipe ont démissionné de leurs tâches administratives. Ils estiment notamment que ces promesses ne sont pas assez concrètes et ne correspondent qu'à une nouvelle formulation d'anciennes promesses. D'après Alain Trautmann, représentant du collectif "Sauvons La recherche", il y a au CNRS 50% de directeurs démissionnaires.

Ceux-ci ont été soutenus dans leur démarche par une grande manifestation dans les rues de Paris (15.000 manifestants selon les organisateurs, 5.000 selon la police), ainsi que dans plusieurs autres villes françaises. Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin s'est dit "préoccupé" par ces démissions massives : "Je pense qu'une démission n'est jamais un succès, c'est une décision que je respecte mais qui me préoccupe naturellement. Nous allons voir exactement quel est le sens de ces démissions".

A l'heure où les deux pétitions lancées sur internet ont recueilli un total de près de 250.000 signatures et où 82% des Français soutiennent le mouvement (selon un sondage CSA-La Croix publié mardi), le mouvement a reçu lundi le soutien de la communauté internationale (notamment dans les sciences de la Vie), voir notre lien en fin d'article.

Le mouvement prend donc un nouvel essor avec ces démissions. En effet, le mouvement devrait dans les prochains jours s'étendre aux Universités, dont les étudiants sont les premiers concernés par ce mouvement. Le collectif "Sauvons La recherche" en appelle aussi au président Jacques Chirac avec comme nouvelle date butoir le 19 mars.

Parallèlement à ce mouvement, le collectif a rejoint le comité de pilotage sur l'avenir de la recherche, dirigé par le président de l'Académie des Sciences, le professeur Baulieu. Ce comité aura pour rôle de participer à l'élaboration de la loi de programmation et d'orientation pour la recherche.

Jamais en France, nous n'avons autant parlé de la recherche et de ses enjeux. Ses enjeux, pour le pays, mais aussi et surtout pour chaque citoyen. En effet, il n'est pas toujours simple d'expliquer et de faire comprendre les enjeux qui se cachent derrière une recherche "fondamentale" qui, parfois, semble être effectuée à pure perte.
La recherche est un pari pour le futur, personne n'est capable de prédire ce que l'on découvrira, ni quand on le découvrira, mais ce qui est sûr, c'est que sans recherche aucune découverte ne pourra être faite.
Une recherche "appliquée" n'a de sens et n'est possible, que si, au préalable, il y a eu une recherche plus fondamentale effectuée. Un exemple parmi tant d'autres : comment répondre aux nouveaux défis de santé publique sans une recherche fondamentale ? Les exemples récents du SRAS, de la légionellose, de la grippe aviaire, de la vache folle, tout comme des exemples déjà plus anciens tels que le SIDA ou les maladies génétiques, sont là pour nous rappeler que la première étape pour combattre une maladie est de la comprendre.

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