Sur Neptune et Uranus, il existe des conditions de température et de pression extrêmes. C’est en cherchant à les recréer en laboratoire que des scientifiques sont parvenus à transformer, non pas du plomb en or, mais bien une sorte de plastique très courante en diamant.

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Les scientifiques ont parfois de drôles d'idées. Comme celle de bombarder un film en polytéréphtalate d'éthylèneéthylène - plus connu sous son acronyme de PETPET, vous savez, le plastique dont sont faites nos bouteilles - avec un puissant laserlaser. Une drôle d'idée qu'a eu une équipe internationale dirigée par des chercheurs du Helmholtz-Zentrum Dresden-Rossendorf (Allemagne) et qui n'est toutefois pas venue par hasard. Ce que les physiciensphysiciens espéraient, c'était de pouvoir confirmer un peu plus la théorie selon laquelle il pleut des diamants sur NeptuneNeptune et UranusUranus.

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Neptune et Uranus auraient bien des manteaux de diamant !

Cela nécessite sûrement quelques explications. D'abord concernant le lien entre ces deux planètes géantes et nos bouteilles en plastique. Les chercheurs assurent en effet que la composition en carbonecarbone, hydrogène et oxygèneoxygène du PET est particulièrement proche de celle des atmosphèresatmosphères de Neptune et d'Uranus. Le bombarder avec un faisceau laser permet, en plus, de recréer brièvement les conditions extrêmes de température et de pression qui y règnent.

Des chercheurs du <em>Helmholtz-Zentrum Dresden-Rossendorf</em> (Allemagne) ont bombardé une fine feuille de plastique avec un faisceau laser, la chauffant brièvement à quelque 6.000 °C et comprimant la matière à des millions de fois la pression atmosphérique pendant quelques nanosecondes. Suffisamment pour former des nanodiamants. © Blaurock, <em>Helmholtz-Zentrum Dresden-Rossendorf</em>
Des chercheurs du Helmholtz-Zentrum Dresden-Rossendorf (Allemagne) ont bombardé une fine feuille de plastique avec un faisceau laser, la chauffant brièvement à quelque 6.000 °C et comprimant la matière à des millions de fois la pression atmosphérique pendant quelques nanosecondes. Suffisamment pour former des nanodiamants. © Blaurock, Helmholtz-Zentrum Dresden-Rossendorf

De Neptune et Uranus à la production de nanodiamants

Les chercheurs avaient déjà mené ce type d'expériences mais sur des films d'hydrocarbureshydrocarbures et, déjà, des nanodiamants étaient apparus. Cette fois, ils ont pu observer que la présence d'oxygène accélère la séparationséparation du carbone et de l'hydrogène. Encourageant un peu plus encore la formation de diamants.

Au-delà de compléter les connaissances que nous avons sur ce qui se passe sur les planètes géantes, cette découverte pourrait ouvrir des perspectives intéressantes pour la production de nanodiamants. Ils entrent déjà dans la composition d'abrasifs ou d'agents de polissage. Demain, ils devraient être utilisés aussi comme capteurscapteurs quantiques ultras sensibles, comme agents de contrastescontrastes médicaux ou encore comme accélérateurs de réactions. À l'aide de flashsflashs laser à rayons X, il deviendrait possible de produire des nanodiamants non seulement de manière plus propre qu'avec des explosifs -- comme c'est le cas actuellement --, mais aussi dans des tailles contrôlées et même, au besoin, dopés par d'autres atomes.