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En bref : le Fermilab toujours dans la course au boson de Higgs

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La course vers le boson de Higgs s'intensifie et le Tevatron pourrait bien découvrir cette particule fondamentale pour la cohérence du modèle standard de la physique des particules élémentaires avant le LHC. Les physiciens du Fermilab viennent d'exclure une masse de 170 Gev pour la « particule de Dieu ».

Le détecteur D0. Crédit : Fermilab.

Juste avant sa fermeture, les expériences du LEP avec des collisions d'électrons et de positrons avaient peut-être déjà vu le Higgs. En tous cas, les données accumulées excluaient clairement une masse du Higgs en dessous de 115 Gev. En combinant les données des expériences avec les détecteurs CDF et D0, les physiciens du Fermilab viennent pour la première fois depuis la fermeture du LEP d'obtenir un résultat sur la masse du Higgs à partir de sa recherche directe.

La masse du boson introduit dans le monde raréfié de la physique des particules élémentaires par Peter Higgs ne peut pas être égale à 170 Gev, avec un intervalle de confiance de 95 %.

En rouge, les zones exclues pour la masse du Higgs. Crédit : Fermilab.

Si l'on en croit les commentaires experts de Tommaso Dorigo, la combinaison des données du LEP et du Tevatron indiquerait même que la masse du Higgs serait très probablement comprise entre 115 et 135 Gev. Le Higgs serait donc léger ce qui est une bonne nouvelle pour ceux qui croient à la supersymétrie, car le Modèle Standard Supersymétrique Minimal (MSSM) a plutôt tendance à faire ce genre de prédiction, mais c'est une mauvaise nouvelle pour le LHC car la découverte d'un Higgs léger est paradoxalement plus difficile que celle d'un Higgs lourd car sa probabilité de production augmente avec sa masse.

Le détecteur CDF. Crédit : Fermilab.

Les équipes analysant les collisions au LHC pourraient bien ne faire sa découverte que vers l'horizon 2011. Comme nous l'annonçait déjà le prix Nobel Leon Lederman, le Tevatron risque de précéder le LHC et ses chances sont même meilleures que jamais.

En tout état de cause, les modes de productions et de détections pour le boson de Higgs dans les deux machines étant différents, ils seront complémentaires dans la chasse à la dernière pièce qui manque pour vérifier les prédictions du modèle standard. Une retombée directe de cette exclusion de cette valeur de la masse du Higgs est que la théorie proposée par le grand mathématicien Alain Connes pour redériver le modèle standard des interactions, couplé à la gravitation, est maintenant intenable, pour le moins dans sa forme actuelle.

Comme le reconnait lui même avec une grande probité intellectuelle le lauréat de la médaille Fields de mathématique, sa théorie prédisant précisément une masse de 170 Gev pour le Higgs est désormais falsifiée. Cependant, cela ne remet nullement en cause son idée d'utiliser la géométrie non-commutative (qu'il a découverte) pour unifier les interactions et faire de la gravitation quantique.

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