Après un voyage de plus de six mois de près de 500 millions de kilomètres, Perseverance, le rover de la Nasa, s'est posé en douceur ce jeudi 18 février 2021. Le début d’une mission qui doit durer au moins une année martienne. Avec pour objectif principal : rechercher des traces d’une vie microbienne passée sur la planète rouge.

Ce jeudi 18 février 2021, peu avant 22 heures, heure de Paris, et après avoir vécu sept minutes de terreur, les ingénieurs de la NasaNasa ont reçu de la part de Perseverance le signal que le roverrover a atterri sans encombre dans le cratère Jezero, sur le sol de Mars. Dès à présent va commencer pour lui une mission d'au moins une année martienne -- soit 687 jours terrestres. Avec ces grands objectifs :

  • trouver des roches qui se sont formées dans des environnements qui ont pu soutenir la vie dans le passé de Mars ;
  • trouver des roches susceptibles d'avoir gardé des traces chimiques d'une vie ancienne, des biosignatures ;
  • recueillir 30 échantillons de roches et les mettre à l'abri sur le sol martien.

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Le rover Perseverance testera aussi la capacité à produire de l'oxygèneoxygène à partir d'une atmosphèreatmosphère riche en dioxyde de carbonedioxyde de carbone comme celle de Mars en prévision des futures missions humaines sur la planète rouge. Et il aidera à établir les changements dans l'environnement martien à travers les âges.

La possible route qu'emprunterait Perseverance dans les jours et semaines à venir, à la recherche de roches à étudier. © Nasa, JPL-Caltech
La possible route qu'emprunterait Perseverance dans les jours et semaines à venir, à la recherche de roches à étudier. © Nasa, JPL-Caltech

Les 30 premiers sols seront consacrés à la mise en service de Perseverance. Quelques vérifications au niveau des instruments scientifiques et quelques essais de déplacement du rover. Les 30 sols suivants serviront à mener des essais en vol de l'hélicoptère Ingenuity. Ce n'est qu'ensuite que commenceront, pour le rover, ce que les ingénieurs appellent les opérations de surface.

Le trajet du rover Perseverance sur Mars. En rouge, le site d’atterrissage. En bleu, les zones identifiées par les chercheurs comme intéressantes. Les capsules blanches représentent les échantillons que Perseverance déposera à la surface de Mars. Et en pointillé sont ajoutés les parcours envisagés si la mission du rover venait à se prolonger. © Nasa
Le trajet du rover Perseverance sur Mars. En rouge, le site d’atterrissage. En bleu, les zones identifiées par les chercheurs comme intéressantes. Les capsules blanches représentent les échantillons que Perseverance déposera à la surface de Mars. Et en pointillé sont ajoutés les parcours envisagés si la mission du rover venait à se prolonger. © Nasa

À la recherche de la vie sur Mars

Perseverance cherchera en priorité les roches qui ont pu se former ou être modifiées sous l'action de l'eau. L'eau étant l'élément clé de la vie telle que nous la connaissons. Le rover guettera également des roches susceptibles de contenir des molécules organiques. Et des roches capables de conserver des traces chimiques de vie sur des milliards d'années. C'est ainsi que les chercheurs espèrent optimiser leurs chances de trouver des traces d'une ancienne vie microbienne sur Mars. Si une telle vie y a un jour existé.

Le saviez-vous ?

Un sol correspond à un jour martien soit approximativement 24 heures 39 minutes et 35 secondes terrestres. Ainsi un sol n’est que d’un peu plus de 2 % plus long que le jour terrestre.

Une fois une cible intéressante identifiée, les chercheurs actionneront le foret de carottagecarottage à percussion rotatif de Perseverance. Celui-ci pénètrera à environ cinq centimètres de profondeur dans la roche pour en placer un échantillon de seulement 15 gammes dans un tube qui sera ensuite hermétiquement fermé. Les tubes seront ensuite déposés dans un rack de stockage avant que celui-ci soit abandonné dans un emplacement stratégique en surface.

Les échantillons prélevés par Perseverance attendront là jusqu'à ce qu'une future mission vienne les récupérer. Le tout en comptant sur la précision des images prises d'une part par les orbiteurs qui identifieront l'emplacement des tubes à un mètre près et d'autre part par les caméras du rover qui porteront cette précision à seulement un centimètre.