Cinq clichés pris par la caméra HiRise de MRO, le 19 octobre 2014 alors que C/2013 A1 Siding Spring passait à moins de 150.000 km de la surface de Mars. © Nasa, JPL-Caltech, University of Arizona

Sciences

Les effets de la comète Siding Spring sur l'atmosphère martienne

ActualitéClassé sous :mars , comète Siding Spring , comète

Les orbiteurs martiens ont profité, le 19 octobre dernier, du passage à proximité de la planète rouge, aux limites du système solaire, d'une comète issue du nuage de Oort pour enquêter sur sa composition et étudier l'interaction des poussières essaimées avec une atmosphère ténue. Nul doute que, postés sur Mars, nous aurions assisté à un feu d'artifice de milliers d'étoiles filantes.

Alors que tous les projecteurs sont braqués ces jours-ci, et c'est légitime, sur le robot Philae - largué par la sonde spatiale européenne Rosetta, le 12 novembre - posé à la surface de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko, on en a appris un peu plus sur la visite tumultueuse, le 19 octobre dernier, que Siding Spring a rendue à Mars. On se souvient que ce petit corps céleste était passé à seulement 139.500 km de la surface de la planète rouge. Du jamais vu, de mémoire d'homme, à cette distance qui équivaut à presque un tiers de celle qui sépare la Terre de la Lune !

Bien sûr, tous les orbiteurs présents dans la région se sont préparés à collecter un maximum de données concernant cette comète et aussi à se protéger de l'impact des milliers de poussières qu'elle a laissés dans son sillage. Les scientifiques ne regrettent pas cette initiative ; Jim Green, directeur de la division des sciences planétaires au bureau de la Nasa à Washington, avoue sa satisfaction: " Observer les effets des collisions sur Mars de la poussière de la comète dans la haute atmosphère m'a rendu très heureux d'avoir décidé de mettre nos sondes spatiales sur l'autre face de la planète lors du pic du passage de la queue de poussières, pour qu'elles soient hors de danger ".

C'était le crépuscule quand le rover Curiosity a pris cette image du ciel martien. Le petit point lumineux dans le coin gauche supérieur n'est autre que la comète Siding Spring, quelques heures après son passage au plus près de la planète rouge. © Nasa, JPL-Caltech, MSSS, James Sorenson

Lors de la conférence de presse donnée le 7 novembre, la Nasa a livré plus de détails sur ce rendez-vous inédit qui s'est produit dans la banlieue martienne. Pour les chercheurs, cela a été une occasion magnifique d'étudier de plus près une comète qui fut délogée, voilà plusieurs millions d'années, du lointain nuage de Oort (vaste réservoir de comètes potentielles), et ainsi assister à l'interaction avec l'atmosphère de Mars de ces particules qui se sont agrégées à la comète, il y a quelque 4,5 milliards d'années.

Premières mesures directes de la poussière d'une comète du nuage de Oort

Tout indique qu'une pluie, pour ne pas dire une tempête météoritique, a balayé le ciel de la planète rouge. " Les données suggèrent qu'un martien aurait vu des milliers d'étoiles filantes par heure " raconte Nick Schneider, responsable de l'un des instruments de la sonde spatiale Maven (Mars Atmosphere and Volatile Evolution). Le témoignage de cette dernière, arrivée autour de Mars le 21 septembre 2014, montre que le passage de C/2013 A1 Siding Spring a eu un impact significatif sur l'atmosphère de Mars, la modifiant temporairement. Son spectromètre de masse et de gaz neutre (Neutral Gas and Ion Mass Spectrometer) a relevé une intense émission dans l'ultraviolet durant plusieurs heures, qui s'est dissipé au bout de deux jours. Celle-ci trahit la présence de huit types différents d'ions métalliques (magnésium, fer, etc.). Jamais un taux aussi élevé ne fut observé sur Terre, pas même lors des essaims météoritiques les plus intenses.

Le spectre réalisé le 19 octobre par l'instrument IUVS de l'orbiteur Maven témoigne d'un apport significatif de métaux dans l'atmosphère de Mars. En passant à quelque 139.500 km de la surface martienne, les poussières de la queue de la comète Siding Spring ont laissé des traces de son passage. © Nasa, University of Colorado

Parallèlement, l'instrument Marsis (Mars Advanced Radar for Subsurface and Ionospheric Sounding) de la sonde européenne Mars Express a relevé un pic dans la densité d'électrons de la ionosphère martienne. Même constat pour son homologue américain Mars Reconnaissance Orbiter (MRO). La caméra HiRise (High Resolution Imaging Science Experiment) installée sur l'orbiteur suggère par ailleurs que la taille du noyau de la comète est inférieure à deux kilomètres. Quant à sa période de rotation, elle serait bien de huit heures, conformément aux prédictions basées sur les observations d'Hubble.

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour.

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !

Cela vous intéressera aussi