Parmi les instruments embarqués par le rover Perseverance, un petit micro permet d’enregistrer les sons à la surface de Mars. Récemment, c’est le bruit d’une mini-tornade que le rover nous a transmis. Ces données permettent de comprendre les conditions atmosphériques sur la Planète rouge.

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Il y a maintenant presque deux ans, la Nasa révélait les premiers enregistrements sonores de la surface de Mars. Le rover Perseverance, équipé d'un microphone, avait en effet enregistré le bruit régnant sur la Planète rouge, le lendemain même de son atterrissage. On pouvait y entendre le souffle d'un ventvent léger.

Écoutez le son d'un dust devil sur Mars. © Nasa, JPL-Caltech, LANL, Cnes, CNRS, INTA-CSIC, Space Science Institute, ISAE-Supaero

Des sons pour mieux comprendre l'environnement martien

Depuis, de nouveaux enregistrements ont été réalisés de manière discontinue. Le microphone intégré à la « tête » de Perseverance, aux côtés de la caméra SuperCam et d'autres instruments, fonctionne en effet environ trois minutes tous les deux jours. Pour les scientifiques en charge de la mission, enregistrer les sons de Mars est un atout scientifique important. L'analyse des sons permet en effet d'apporter des données complémentaires à celles recueillies par les autres instruments. Les enregistrements des bruits martiens donnent notamment une foule d'informations sur les conditions météorologiques qui règnent à la surface de la planète et aident à mieux comprendre l’atmosphère de Mars.

L'on sait, grâce aux caméras installées sur les différents rovers, que le paysage martien est régulièrement balayé par de petites tornades de poussière. Depuis son arrivée, Perseverance a ainsi assisté au passage d'une centaine de ces « dust devils » (diables de poussière). Par chance, le microphone était allumé lorsque l'un d'entre eux est passé sur le rover.

<em>Dust devil</em> martien capturé par le rover Oportunity. © Nasa, JPL-Caltech, Cornell, Don Davis
Dust devil martien capturé par le rover Oportunity. © Nasa, JPL-Caltech, Cornell, Don Davis

Des vents inoffensifs, voire bénéfiques pour les rovers

Grâce à l'enregistrement du son de la tornadetornade, couplé aux photographiesphotographies prises par le rover et aux mesures de la pression atmosphériquepression atmosphérique, les scientifiques ont pu mieux caractériser ce phénomène. L'enregistrement ne dure que quelques secondes mais montre que la vitesse du vent (40 km/h) est similaire à ce qui est enregistré sur Terre pour le même type de petite tornade. La grande différence se joue au niveau de la pression de l'air, bien inférieure sur Mars que sur Terre, ce qui rend les dust devils martiens bien moins puissants que leurs homologues terrestres. Le vent arrive ainsi juste à soulever suffisamment de poussière pour créer un petit tourbillontourbillon visible. Les résultats sont publiés dans la revue Nature Communications.

Ce type d'événement météorologique n'est donc pas un frein à l'exploration future de Mars, ni pour les hommes ni pour les équipements. Concernant les rovers, ces petites tornades présentent même un intérêt, puisqu'elles permettent de nettoyer les panneaux solaires de la poussière qui s'y est graduellement accumulée, et qui peut nuire à leur bon fonctionnement.