Le télescope spatial James-Webb sorti de sa toile de protection dans la salle blanche du Goddard Space Center aux États-Unis. © Nasa, Chris Gunn
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5 choses à savoir sur le télescope spatial Webb

ActualitéClassé sous :James Webb Space Telescope , ESA , Nasa

[EN VIDÉO] Comprendre la mission du télescope spatial James Webb en une minute  Le James Webb Space Telescope, nouveau fleuron de l'observation spatiale, sera lancé le 18 décembre depuis Kourou, en Guyane. Après un voyage de 29 jours, il atteindra le point de Lagrange L2, dans la direction opposée au Soleil. Avec son miroir plus large que celui d'Hubble, dont il est considéré comme le successeur, le JWST pourra observer galaxies, planètes, nébuleuses et étoiles pour en apprendre plus sur l'histoire de l'Univers. 

À quelques jours du lancement du télescope spatial James-Webb, Futura vous propose de revenir sur cinq faits marquants ou anecdotes ayant rythmé la conception du nouvel appareil de l'ESA et de la Nasa. 

Le lancement du télescope spatial James-Webb s'approche à grands pas, malgré un énième report annoncé par l'ESA et la Nasa le 14 décembre. Le nouveau fleuron de l'observation spatiale, devrait décoller le 24 décembre depuis la base de Kourou en Guyane. Le James Webb Space Telescope (JWST), pointé comme le successeur d'Hubble, est aussi un véritable référentiel à records : budget colossal, conception étendue sur plusieurs décennies, de nombreux retards à son actif... Retour sur cinq faits marquants qui ont forgé la réputation de l'un des plus ambitieux projets de ces 30 dernières années.

Le télescope spatial James-Webb est un appareil colossal : son miroir primaire a un diamètre de 6,5 mètres tandis que son pare-soleil a la taille d'un terrain de tennis. © Nasa, Chris Gunn

1. Un projet élaboré en 25 ans 

Vingt-cinq ans, c'est la durée comprise entre les premières ébauches du télescope James-Webb et son lancement à la fin de l'année 2021. L'aventure du JWST a débuté en 1996, sous un autre nom : le Next Generation Space Telescope (télescope spatial nouvelle génération). La Nasa décide de lancer la construction d'un télescope spatial à faible coût, à 500 millions de dollars. Le Next Generation Space Telescope est déjà envisagé comme le successeur spirituel d'Hubble, lancé en 1990. Très vite, les retards vont croître, provoquant le glissement des dates de lancement, des années 2000 aux années 2010, puis finalement à 2021. Les reports de la Nasa et l'ampleur du projet vont rapidement faire exploser le budget initial.

2. Un télescope à 10 milliards de dollars

Avec le James-Webb, la Nasa souhaite créer un télescope spatial novateur, performant mais à faible coût. L'administration plafonne ainsi le budget initial à 500 millions de dollars. En 1998, soit deux ans après les premières ébauches du Next Generation Space Telescope, les premiers retards induisent une augmentation de l'enveloppe allouée au projet. La conception du JWST atteint ainsi 1 milliard de dollars. Ce chiffre n'aura de cesse d'augmenter, en parallèle des évolutions technologiques et des nombreux retards accusés par les agences spatiales occidentales. Au final, l'élaboration du JWST aura coûté la somme faramineuse de 10 milliards de dollars, soit 20 fois son montant initial prévu.

Le JWST sera placé à 1,5 million de kilomètres de la Terre, dans une zone nommée « Point de Lagrange L2 ». © Nasa, JPL-Caltech

3. Rendez-vous à 1,5 million de kilomètres

Après son décollage le 24 décembre (sous réserve d'un lancement sans nouveau report), le télescope James-Webb voyagera durant 29 jours vers son objectif : le point de Lagrange L2. Ce dernier, situé à 1,5 million de kilomètres de la Terre dans la direction opposée au Soleil, offrira au JWST une position optimale afin de mener à bien sa mission d'observation. Le point de Lagrange L2 est en effet une région de l'espace idéale pour l'observation du ciel profond, permettant une communication permanente avec les stations de contrôle terrestre ainsi qu'une alimentation en énergie grâce à la lumière du Soleil. 

4. Le télescope spatial James-Webb est aussi le plus massif 

Sans surprise, les dimensions du JWST sont à la hauteur de l'ampleur du projet. L'appareil pèse ainsi 6.500 kilogrammes, avec un miroir primaire d'un diamètre de 6,5 mètres et un pare-soleil de 22 mètres sur 12, soit la taille d'un court de tennis. À titre comparatif, le diamètre du miroir primaire d'Hubble n'est « que » de 2,4 mètres de diamètre. Le gigantisme du James-Webb a bien une utilité scientifique, et permettra de recueillir plus de luminosité d'astres éloignés et fournira une résolution plus précise des objets célestes observés. 

La nébuleuse de la Carène, photographiée par Hubble. À gauche, l'image est prise dans le spectre visible, à droite dans le spectre infrarouge, permettant ainsi de discerner plus d'étoiles. © Nasa, ESA

5. Le JWST verra jusqu'à 100 millions d'années après le Big Bang

Le James Webb Space Telescope aura la possibilité d'observer un vaste panel d'objets célestes. Si certains corps visibles tels que les planètes du Système solaire pourront être imagés, les cibles prioritaires du nouveau télescope spatial sont les galaxies les plus anciennes de l'Univers, apparues seulement 100 millions d'années après le Big Bang, il y a plus de 14 milliards d'années. Observer aussi loin dans le « passé » devrait permettre aux astronomes et astrophysiciens d'en apprendre plus sur la formation de l'Univers, des premières étoiles et systèmes galactiques. À ce jour, une observation commune d'Hubble et Spitzer a permis de remonter à une galaxie née 400 millions d'années après le Big Bang.

Le télescope James-Webb sera lancé le 24 décembre 2021, à 13 h 20 (heure de Paris).

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