Le rover Mars 2020 donnera le coup d'envoi de la mission internationale de retour d'échantillons martiens. © Nasa, JPL-Caltech

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Protection planétaire : les règles vont changer…

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Un rapport de l'Académie américaine d'ingénierie, de sciences appliquées et de technologies a passé en revue les règles de la protection planétaire liées à l'exploration spatiale que la Nasa applique. Il en ressort qu'elles ne sont plus adaptées au monde d'aujourd'hui. Il est demandé à la Nasa d'en écrire de nouvelles.

Selon un rapport de l'Académie américaine d'ingénierie, de sciences appliquées et de technologies, il y a une certaine urgence à ce que la Nasa mette à jour les règles de la protection planétaire qu'elle applique à ses missions spatiales à destination d'autres mondes du Système solaire. Ces règles, édictées à la fin des années 1960, ont été mises en place avant tout pour éviter qu'aucune mission de surface ne contamine d'autres mondes, d'une façon qui risquerait de fausser les études scientifiques ultérieures. Aujourd'hui, elle ne sont plus adaptées à notre époque.

Comme le souligne ce rapport, les prochaines étapes de l'exploration verront des sondes plonger dans des océans extraterrestres (Titan ou Europe, par exemple), survoler les jets de matière d'Encelade ou rapporter sur Terre des échantillons prélevés un peu partout dans le Système solaire et pas seulement sur Mars. Or, le processus actuel, mis en place par les États-Unis pour surveiller les échantillons provenant de Mars et d'ailleurs, remonte à l'époque d'Apollo et n'est évidemment plus à jour. À la différence des échantillons lunaires des missions Apollo, ramassés à même le sol, demain on s'attend à ce que des échantillons soient prélevés dans des endroits inaccessibles à la main de l'homme.

D'où la nécessité d'une politique de protection planétaire judicieusement encadrée et exécutée de façon à garantir que les efforts d'exploration spatiale apporteront des réponses sans ambiguïté sur les possibilités de vie ailleurs dans le Système solaire. De même, des échantillons de matière extraterrestre ramenés sur Terre pourraient présenter des risques pour l'environnement terrestre ou l'activité biologique de la planète. 

Réglementer les allers-retours dans l'espace

À cela, s'ajoute que l'activité humaine dans l'espace ne va plus se cantonner à l'orbite basse. Des postes avancés sur la Lune et sur Mars sont en projet et des sociétés privées prévoient de miner et forer des astéroïdes pour les exploiter. Ce rapport demande à ce que la Nasa passe en revue les règles actuelles et en édicte de nouvelles pour s'adapter à cette nouvelle étape de l'exploration. Or, il faut savoir qu'aujourd'hui la Nasa n'a pas de politique de protection planétaire en place concernant l'exploration humaine vers Mars, qui pourrait avoir lieu dans les années 2030. 

Les activités d'exploration spatiale du secteur privé sont aussi une autre raison pour laquelle les politiques de la protection planétaire doivent être réexaminées. En effet, les seules missions spatiales commerciales actuellement soumises à des procédures rigoureuses de décontamination spatiale sont celles qui pourraient se rendre sur Mars, car Mars est la seule entité d'intérêt actuel pour les entreprises du secteur privé susceptible d'abriter des formes de vie en activité. Or, les projets du secteur privé n'ont pas seulement Mars en point de mire.

  • Les règles de la protection planétaire ont été écrites à la fin des années 1960.
  • Depuis cette époque, la robotique spatiale a beaucoup évolué et permet d'envisager de récupérer des échantillons de partout dans le Système solaire.
  • De nouvelles règles sont nécessaires d'autant plus qu'il faut aussi réglementer dans ce domaine l'activité des entreprises privées qui s'aventurent dans l'espace.
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