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La cigarette électronique pas bannie, mais pas préconisée non plus

ActualitéClassé sous :E2014

La Haute autorité de santé vient de livrer ses recommandations pour ceux qui souhaitent arrêter de fumer. Et ne donne pas encore un avis ferme sur l'intérêt de la cigarette électronique pour le sevrage tabagique : moins toxique à priori que la cigarette classique, elle ne doit pas malgré tout devenir un tremplin vers l'addiction.

La cigarette est-elle un vrai outil de sevrage tabagique ou une façon moins dangereuse de rester accro à la nicotine ? © Ibrahim Ba’him, picasaweb, cc by sa 3.0

Ce rapport était attendu. La Haute autorité de santé (Has) devait donner mardi 21 janvier ses recommandations concernant l'arrêt du tabac. Mais celles-ci tombent alors que durant l'année écoulée, la cigarette électronique a connu un véritable essor, sans qu'on dissipe les doutes sur ses éventuels dangers ni qu'on mesure précisément son potentiel de sevrage. Dans l'attente de données scientifiques plus claires, l'instance sanitaire a préféré ne pas se mouiller : l'e-cigarette, adoptée par 1,5 millions de Français, est tolérée, mais demeure surveillée.

Les premières études tendent à montrer que ces cigarettes électroniques ne sont pas exemptes de substances toxiques... mais à des doses nettement moins importantes que celles retrouvées dans les cigarettes classiques. Il n'est donc pas question de la bannir et, au contraire, la Has préconise même de ne pas dissuader un fumeur désireux d'arrêter qui commencerait à vapoter, si la transition ne dure qu'un court délai.

Si elle suscite l'intérêt de la part d'une partie du monde scientifique, l'e-cigarette n'a pas écarté tous les doutes. Ne risque-t-elle pas d'entretenir une habitude du geste ? Et ne facilite-t-elle pas le passage du non-fumeur vers le tabagisme ? Une étude récente suggère ce second point. Des questions qui interpellent encore la Has et qui expliquent sa non-décision. Elle attend des évaluations plus précises pour se prononcer.

Le tabac à l’origine de 73.000 décès par an

Dans le reste de son rapport, la Has rappelle que 97 % des fumeurs qui décident d'arrêter seuls échouent, insistant sur la nécessité d'un accompagnement dans le sevrage tabagique. Les candidats sont nombreux : ils représentent environ la moitié des 15 millions de fumeurs en France. Le soutien psychologique, complété par des substituts nicotiniques (patchs, gommes à mâcher, comprimés à sucer, inhalateurs, etc.) restent le traitement de base à prescrire en première intention. Les autres techniques, moins conventionnelles (acupuncture, hypnose) ne sont pas encouragées par la Has, car leur bénéfice n'est pas établi.

La lutte contre le tabagisme est une préoccupation majeure pour les autorités sanitaires. Dotée d'un pouvoir addictif fort, la cigarette est à l'origine de 73.000 décès par an, rien qu'en France, et les estimations considèrent qu'un fumeur sur deux mourra d'une pathologie directement liée au tabac. Or, il ne faut pas oublier qu'il n'est jamais trop tard pour arrêter.

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