Au fur et à mesure que le nombre d’engins en orbite augmente, le risque de collision s’accroît. © Petrovich12, Adobe Stock
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Pire collision depuis 12 ans entre un satellite en orbite et un débris spatial

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[EN VIDÉO] Débris spatiaux : plus de 20.000 objets polluent l’orbite terrestre  Depuis 1957 plus de 5.000 engins ont été expédiés dans l’espace, générant régulièrement de nombreux débris spatiaux. Ces objets sont une menace pour les futures missions que le Cnes prend très au sérieux. L’organisation nous présente en vidéo des solutions pour lutter contre ce problème. 

Un satellite chinois s'est mystérieusement désintégré en mars dernier au-dessus de la Terre. On connaît aujourd'hui la raison de cette explosion : une collision avec un morceau d'une ancienne fusée russe lancée dans les années 1990. Un incident qui illustre le danger croissant qui guette nos engins en orbite.

Le 22 mars dernier, le 18e escadron de surveillance spatiale de la Force de l'espace américaine signalait la désintégration de Yunhai 1-02, un satellite militaire chinois lancé en septembre 2019. On s'était à l'époque interrogé sur la raison de cette désintégration, d'autant plus que ce satellite était assez récent et ne présentait aucune défaillance technique. Un astronome du Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics à Cambridge vient aujourd'hui de découvrir ce qui s'est passé : Yunhai 1-02 a été violemment heurté par le débris d'une ancienne fusée russe des années 1990, Zenit-2. « Il s'agit de la pire collision orbitale confirmée depuis février 2009 », confirme à Space.com Jonathan McDowell (cette année-là, le défunt vaisseau spatial militaire russe Kosmos-2251 avait heurté Iridium 33, un satellite de communications opérationnel, générant plus de 1.800 débris traçables).

Objet numéro 48078

La collision intervenue en mars dernier avec le satellite chinois a, elle, engendré 37 débris, mais il est probable qu'il en existe beaucoup plus non répertoriés, écrit Jonathan McDowell sur Twitter. L'astronome s'est plongé dans les mises à jour du catalogue Space-Track.org, qui recense les débris spatiaux autour de la Terre, et a découvert un nouvel objet répertorié baptisé 48078 d'environ 10 à 50 centimètre, décrit comme provenant de l'ancienne fusée russe. En comparant les trajectoires respectives de ce débris et du satellite Yunhai 1-02, il a constaté que le premier était passé à moins d'un kilomètre de l'autre, le jour exact de l'incident. « 48078 était donc le candidat évident pour la collision », avance-t-il dans un autre tweet.

Malgré les dommages importants, le satellite Yunhai 1-02 a apparemment survécu au choc, puisque les Chinois ont pu effectuer des ajustements d'orbite au mois de mai suivant, observe encore Jonathan McDowell. Mais il n'est pas clair s'il est encore en mesure de remplir sa mission.

Cet événement constitue cependant une nouvelle alerte sur le risque de collision croissant provoqué par la prolifération de débris spatiaux. « Les collisions sont proportionnelles au carré du nombre d'engins en orbite, décrypte l'astrophysicienAutrement dit, si vous avez 10 fois plus de satellites, vous obtiendrez 100 fois plus de collisions. C'est mathématique. » Ainsi, les 37 débris générés par la désintégration du satellite chinois vont eux-mêmes venir s'ajouter à la longue liste des déchets errant dans l'espace.

Des catastrophes évitées de justesse

Selon l’Agence spatiale européenne, plus de 128.000 débris seraient déjà présents en orbite autour de la Terre, dont 34.000 de plus de 10 centimètres. Plusieurs catastrophes ont été évitées de justesse ces dernières années. En octobre dernier, un ancien satellite soviétique et un étage de fusée chinois abandonné se sont frôlés, après que des modèles orbitaux ont alerté sur un « risque très élevé » de collision. En janvier 2020, un télescope spatial et un satellite de l'armée de l'air américaine en fin de vie ont failli se percuter au-dessus de Pittsburgh, en Pennsylvanie. Des incidents mineurs se sont déjà produits, un débris spatial trop petit pour être repéré ayant endommagé la Station spatiale internationale en juin 2021. Cette dernière doit désormais effectuer des manœuvres d'évitement de plus en plus fréquentes.

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