La probabilité qu’une forme de vie produisant du méthane existe sous la surface de Mars s’éloigne. En effet, depuis qu’il est arrivé sur la Planète rouge, Curiosity n’a détecté aucune trace de ce gaz dans l'atmosphère. Des résultats qui ne concordent pas avec les mesures effectuées en 2003 et 2009.
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La présence de méthane dans l'atmosphèreatmosphère martienne anime les débats, depuis la découverte de traces de ce gazgaz en 2003 par la sonde Mars Express de l'Esa. Elle a ensuite été confirmée par les sondes de la NasaNasa en orbiteorbite autour de la Planète rouge. En janvier 2009, des chercheurs parvenaient même à détecter des variations saisonnières d'émissions de méthane à certains endroits de la surface de Mars.

Des découvertes surprenantes qui ont rapidement laissé place au doute. À l'époque, les résultats ont été contestés et sont encore aujourd'hui controversés. D'une part parce que la détection du méthane est très difficile, et d'autre part car sa présence sur Mars serait surprenante. Depuis que l'on étudie cette planète, en effet, aucun phénomène expliquant des émissionsémissions de méthane n'a été observé.

S'il existe, le méthane pourrait être produit par une activité liée au volcanisme passé de la planète Mars. © Nasa, GSFC

S'il existe, le méthane pourrait être produit par une activité liée au volcanisme passé de la planète Mars. © Nasa, GSFC

À l'époque de sa détection, on supposait que sa production devait être récente, puisque dans les conditions martiennes, ce gaz ne peut pas subsister dans l'atmosphère plus de 300 à 600 ans. Les chercheurs avaient alors émis plusieurs hypothèses, liées à une activité volcanique ou hydrothermique. Certains envisageaient même des communautés biologiques de bactériesbactéries vivant sous la surface, semblables aux micro-organismesmicro-organismes méthanogènes de la TerreTerre.

Curiosity clôt-il le débat sur le méthane martien ?

Une équipe de chercheurs de la Nasa vient de rapporter dans la revue Science que le rover Curiosity n'a pas découvert de méthane. Les mesures directes faites par le spectromètre laser TLS du laboratoire Sam, à bord du roverrover, indiquent que la proportion de méthane dans l'atmosphère martienne s'élève tout au plus à seulement 1,3 partie par milliard par volumevolume (ppbv, de l'anglais part per billion by volum). Cette mesure est environ six fois plus faible que les estimations précédentes et réduit grandement les probabilités d'une production bactérienne souterraine de méthane.

Concentrations de méthane dans l'atmosphère martienne (ppb, <em>part per billion</em> ou partie par milliard). C'est du moins ce que laissaient penser les observations de Michael Mumma qui, pendant sept ans, a observé la planète. En 2009, ses conclusions menaient à l'existence de variations saisonnières d'émissions de méthane. Curiosity, sur place, n'est pas de cet avis. Les résultats de ses observations ne montrent pas de telles concentrations de méthane. © Nasa, GSFC

Concentrations de méthane dans l'atmosphère martienne (ppb, part per billion ou partie par milliard). C'est du moins ce que laissaient penser les observations de Michael Mumma qui, pendant sept ans, a observé la planète. En 2009, ses conclusions menaient à l'existence de variations saisonnières d'émissions de méthane. Curiosity, sur place, n'est pas de cet avis. Les résultats de ses observations ne montrent pas de telles concentrations de méthane. © Nasa, GSFC

Cette valeur limite aussi la quantité de méthane qui a pu être produite géologiquement sur Mars ou importée par la voie céleste selon les chercheurs. Un des arguments du scientifique S. K. Atreya (université du Michigan à Ann Arbor) sous-entend que les prétendues détections antérieures sont fausses. D'après ce chercheur, s'il n'y a pas de concentration moyennée de méthane dans l'atmosphère et détectée par Curiosity, compte tenu du temps de destruction, c'est qu'il n'y a pas eu d'émanations depuis longtemps.

Alors, la messe a-t-elle été dite ? Curiosity va continuer ses recherches en attendant que cette question soit définitivement tranchée avec Trace Gas Orbiter. Cette sonde de la mission ExoMarsExoMars 2016 de l'Agence spatiale européenneAgence spatiale européenne doit être lancée en 2016. Elle étudiera l'atmosphère de Mars et larguera un démonstrateurdémonstrateur pour l'entrée, la descente et l'atterrissage.