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Les émissions humaines de CO2 enregistrées... dans le papier journal

ActualitéClassé sous :chimie , climatologie , datation isotopique

En analysant les isotopes du carbone piégés dans le papier de journaux scientifiques archivés depuis plus d'un siècle, un chercheur de l'Institut Weizmann a retrouvé la chronologie des rejets de CO2 dans l'atmosphère causés par la révolution industrielle.

Une mine de charbon à ciel ouvert. © Stephen Codrington, wikipédia

Parmi les isotopes de cet atome, le fameux carbone 14 est précieux pour les archéologues mais, comme vient de le montrer Dan Yakir de l'Institut Weizmann en Israel, le carbone 13 trahit l'influence humaine sur la composition de l'atmosphère de la Terre depuis les débuts de la révolution industrielle.

Les plantes, en effet, préfèrent le carbone 12 au carbone 13. Il en résulte que les gisements de charbon possèdent un rapport isotopique 12C/13C plus élevé que celui mesuré dans l'atmosphère. Or, au fur et à mesure que ces gisements ont été exploités, que ce soit pour fondre des métaux, chauffer des habitations ou produire de l'électricité, les atomes de carbone séquestrés dans le sol depuis des centaines de millions d'années ont à nouveau rejoint l'atmosphère et sont entrés dans le cycle du carbone. Il en a résulté que le rapport 12C/13C de l'atmosphère a augmenté depuis 150 ans. Et ce rapport se retrouve dans le papier fabriqué à différentes périodes et même différentes régions du Globe...

Laissez parler les p'tits papiers...

Dan Yakir a mis à profit ce phénomène pour analyser le papier composant des journaux scientifiques édités depuis plus d'un siècle et conservés dans des archives. Il a ainsi prélevé des fragments des journaux NatureScience et Journal of the Royal Chemical Society et les a analysés pendant quatorze ans. Il a non seulement retrouvé l'évolution du taux de CO2 atmosphérique enregistré par d'autres moyens depuis un siècle mais il a même mis en évidence des différences selon que le papier avait été fabriqué en Europe ou aux États-Unis, reflétant des phénomènes locaux.

En plus de fournir au climatologue une autre source pour mesurer l'évolution du taux de CO2 de l'atmosphère de la Terre, cette découverte donne aux antiquaires un moyen d'authentifier certains livres rares.

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