Durant l'éclipse totale, les observateurs gabonais ont pu admirer les grains de Baily, irrégularités lumineuses dues au relief lunaire, là où des vallées laissent brièvement passer une bouffée de lumière solaire. © Désiré Minkoh

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En image : l’exceptionnelle éclipse hybride du 3 novembre

ActualitéClassé sous :Astronomie , éclipse , éclipse de soleil

Dimanche 3 novembre, la Lune a joué avec le Soleil pour une rarissime éclipse hybride, annulaire au tout début, puis totale. Du continent américain à l'Afrique, de nombreux observateurs ont pointé leurs instruments. L'astronome Jean-Pierre Luminet était de ceux-là, invité au Gabon pour fêter l'événement, et nous a transmis des images pour les lecteurs de Futura-Sciences. Et du haut de son orbite, Météosat a filmé l'ombre de notre satellite sur la surface terrestre.

C'était la mobilisation générale chez les chasseurs d'éclipses le weekend dernier. Sur une partie de l'Afrique, la Lune s'apprêtait à éclipser totalement le Soleil, un événement que les amateurs ne ratent pas (c'est la neuvième éclipse totale du XXIe siècle). Mais cette éclipse-là était encore plus exceptionnelle : on la dit hybride, car elle a commencé par être annulaire - durant les 15 premières secondes - avant de devenir totale. Autrement dit, la Lune, au moment du rendez-vous, ne cachait pas complètement le Soleil, puis sa taille apparente a augmenté suffisamment pour couvrir l'intégralité du disque solaire, laissant voir la couronne solaire. L'événement est rare : la précédente éclipse hybride a eu lieu le 24 octobre 1995 et la suivante surviendra en 2049.

L'éclipse de Soleil totale commence. On remarque déjà des taches solaires. © Désiré Minkoh

Une ombre a traversé l'Atlantique et l'Afrique

Le phénomène s'explique facilement. L'ombre de la Lune sur la Terre n'a pas toujours une dimension constante le long de son parcours. C'est le cas lorsque la distance de la Terre à la Lune varie suffisamment durant le cheminement de l'ombre sur la surface de notre planète. On a alors une éclipse hybride.

C'est ce qui s'est passé dimanche 3 novembre à partir de 11 h 45 TU (temps universel). Apparue le long des côtes est de l'Amérique du Nord et du Sud, l'ombre a suivi une route vers l'est longue de 13.600 km, traversant l'Afrique avant de disparaître dans le coucher du Soleil en touchant l'océan Indien.

La couronne solaire et la chromosphère deviennent brièvement visibles. © Désiré Minkoh

La zone de centralité est notamment passée au-dessus du Gabon, où se trouvait justement pour l'occasion une équipe d'astronomes de l'observatoire de Meudon, dont Jean-Pierre Luminet. « J'ai été invité par l'Institut français du Gabon à Libreville pour inaugurer une "Semaine de l'espace" consacrée à l'éclipse, et plus généralement à l'astronomie, nous explique-t-il. Parallèlement, un groupe de six astronomes de l'observatoire de Meudon a été invité par la présidence gabonaise pour faire vivre cet événement à plusieurs écoles, collèges et lycées du pays. L'observation a eu lieu à l'école publique de Benguié 4, située sur la ligne de centralité (une cinquantaine de kilomètres au nord de Lambaréné). »

Le satellite Météosat a suivi le passage de l’ombre de la Lune sur la Terre pour cette éclipse hybride. © Eumetsat

L'astronome poursuit : « Alors que le temps est habituellement couvert en cette saison, le ciel s'est dégagé juste durant la durée de l'éclipse et les conditions d'observation ont été parfaites, malgré la brièveté de la totalité (1 min 10 s !) : grains de Baily, diamant de sortie, couronne bien structurée par le champ magnétique, chromosphère avec protubérances dues à l'activité solaire importante. À noter que le président de la République gabonaise Ali Bongo et son épouse Sylvia (dont la fondation a financé le séjour des astronomes) se sont déplacés à Benguié 4 pour assister à l'événement, illustré par nos démonstrations et explications. »

Au Gabon, on a suivi l'éclipse. Au nord de la centralité, là où a été prise cette photo, elle était partielle. © Désiré Minkoh

Pour les prochaines éclipses totales, les amateurs devront voyager. La prochaine aura lieu le 20 mars 2015 et sera visible de Norvège et également du pôle Nord. Après celle de 1999, les Français métropolitains devront patienter jusqu'au 3 septembre 2081 pour en observer une chez eux.

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