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Tout va bien pour le satellite européen Artemis

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Souvenez-vous, à l'été dernier, le satellite Artemis de l'ESA avait été placé par le lanceur Ariane-5 sur une orbite de transfert plus basse que prévu, dont l'apogée se situait à seulement 17 000 km au lieu des 36 000 km visés. Voué à retomber sur Terre en se consumant si le satellite restait sur une telle orbite, une équipe de spécialistes d'Alenia Spazio, d'Astrium et de Telespazio secondés par des ingénieurs de l'ESA a alors entrepris de rehausser l'altitude du satellite dans un premier temps puis de lui permettre de rejoindre son orbite de travail définitive. Aujourd'hui, grâce au système expérimental de propulsion ionique, la mission Artemis est en passe de connaître une réussite remarquable. La propulsion ionique qui équipe Artemis relève l'altitude du satellite de près de 20 km par jour. A ce rythme, Artemis devrait avoir rejoindre son poste, l'orbite géostationnaire avant la fin de l'année.

Le satellite Artemis. crédit : ESA

Note : A l'origine, les propulseurs ioniques qui équipent Artemis ont été conçus pour permettre le contrôle de l'inclinaison de l'orbite. Cette solution devait permettre à Artemis de conserver sa position orbitale sans avoir à transporter de grandes quantités d'ergols. ARTEMIS, réalisé sous la maîtrise d'œuvre d'Alenia Spazio (Italie), permettra de tester et d'exploiter de nouvelles technologies de télécommunications dans les domaines de la navigation par satellite, des services de communication mobile et des relais de données intersatellitaires. Le satellite est conçu pour faciliter les échanges de données et les communications vocales entre terminaux mobiles (installés notamment à bord des voitures, des camions, des trains et des navires), permettre la diffusion de données de navigation précises dans le cadre du programme européen EGNOS et relayer les échanges de données à haut débit d'un satellite à un autre.

La propulsion ionique

Le principe de tout type de propulseur dans l'espace consiste à accélérer des molécules et à les expulser du satellite à la plus grande vitesse possible. Les propulseurs classiques utilisent une réaction chimique entre un combustible et un comburant pour échauffer un gaz et éjectent ses molécules à une vitesse de l'ordre de 3 km/s. Les systèmes de propulsion électrique commencent par ioniser (charger électriquement) des molécules de gaz (du xénon dans le cas présent) ; le gaz ionisé est alors accéléré par des champs électriques et éjecté du satellite à une vitesse de l'ordre de 30 km/s.

Par Rémy Decourt

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