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La Nasa prête à quitter le projet européen ExoMars

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S'il est approuvé par le Congrès, le projet de budget de la Nasa présenté par le président américain condamne la participation américaine à ExoMars 2016 et 2018. Pour ne pas perdre ses deux missions, l'Esa parie sur la Russie et une augmentation de la contribution financière des États participant à ce projet.

Telle qu'elle est envisagée, la mission ExoMars 2016 prévoit l'orbiteur (Trace Gas Orbiter) et le démonstrateur EDM d’entrée, de descente et d’atterrissage. © Esa-AOES Medialab

Le président américain vient de dévoiler son budget 2013 (octobre à octobre) qui s'inscrit dans la continuité des accords sur la lutte contre les déficits, conclus avec les parlementaires en 2011 et qui prévoit une baisse des dépenses de 1.000 milliards de dollars sur dix ans. Le budget général de la Nasa baisse de seulement 59 millions de dollars à 17,7 milliards de dollars, mais celui du programme martien subit une coupe drastique de 38,5 % par rapport à 2012. L'administration Obama l'explique par le lancement de la mission MSL et la fin de la construction de la sonde Maven.

S'il est voté en l'état, ce budget contraindra la Nasa à abandonner son partenariat avec l'Agence spatiale européenne pour les deux missions ExoMars prévues en 2016 et 2018. Une situation exaspérante pour bon nombre de chercheurs américains qui vivent très mal cet énième revirement qui laissera des traces. En effet, ce n'est pas la première fois que la Nasa fait faux bond à l'Esa. Elle a récemment annulé sa participation dans la mission EJSM (Europa Jupiter System Mission). Comme le souligne G. Scott Hubbard de l'université Stanford et ancien directeur du programme martien de la Nasa, « il s'agit d'une véritable tragédie scientifique et je crois personnellement que c'est une honte nationale ».

Sans le Skycrane de la Nasa, l'Esa va devoir trouver un système d'atterrissage pour poser sur Mars le rover ExoMars 2018. © Esa

ExoMars devra certainement se faire sans les États-Unis

Cependant l'Esa s'était préparée à cette décision et rapprochée de la Russie depuis qu'il ne faisait guère de doute que les Américains ne tiendraient pas leurs engagements. Malgré l'apport de lanceurs russes pour 2016 et 2018, (si les discussions aboutissent), le financement d'ExoMars 2016 est mal engagé et l'avenir d'ExoMars 2018 qui vient de perdre son système d'atterrissage, tout aussi incertain.

Aujourd'hui, seuls 850 millions d'euros, sur le milliard nécessaire à la mission ExoMars 2016, sont trouvés. L'Esa va devoir solliciter financièrement, dans un contexte généralisé de réduction des dépenses, les États membres qui participent à ce projet, au premier rang desquels figure l'Italie. Quant à ExoMars 2018, la Nasa devait fournir le fameux Skycrane, qui sera utilisé par le rover Curiosity de MSL pour se poser dans le cratère martien Gale, en août 2012.

Interrogé par Le Figaro, peu après le lancement réussi du nouveau lanceur Vega, le directeur général de l'Esa, Jean-Jacques Dordain, a confirmé sa détermination à aller au bout de ce projet qui lui tient à cœur et de ne pas reporter une nouvelle fois le lancement des deux missions. « Nous pouvons faire ExoMars sans les États-Unis. Pour cela nous devons développer un atterrisseur avec les Russes avec qui nous sommes déjà en pourparlers pour la fourniture de deux services de lancements qui devaient être initialement assurés par la Nasa. »

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