Dans le Cambridgeshire, à l'est de l'Angleterre, les archéologues exhumaient en 2017 le squelette d'un homme dont les stigmates indiquaient une mort par crucifixion, il y a 2 000 ans. Au cours de ces six dernières années, les chercheurs ont tenté de reconstruire le visage de cet inconnu ayant vécu sous l'Empire romain.


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    La crucifixion est un châtiment bien cruel, et les Romains pouvaient faire preuve de zèle en mettant à mort les condamnés. Pourtant, dans l'Angleterre dominée par l'Empire romain, seul un individu semble avoir subi la funeste punition. En 2017, des archéologues remontaient à la surface les restes d'un homme, ayant vécu il y a 2 000 ans selon les datations au carbone-14. Le Smithonian Magazine relaye le processus ayant permis aux chercheurs de modéliser le visage de cet inconnu, enterré dans l'un des cimetières romains de la commune de Fenstanton, dans le Cambridgeshire.

    Un visage vieux de 2 000 ans

    Les scientifiques ont pratiqué une véritable autopsieautopsie sur un homme décédé entre 130 et 360 de notre ère. En analysant les caractéristiques de son crânecrâne et de son squelette, son âge approximatif a pu être déterminé : il avait une trentaine d'années au moment de sa mort. Des tests ADNADN ont fourni des éléments concernant le physique de l'individu. Sa pilosité était brune, tant les cheveux que la barbe, et ses yeuxyeux marron. Ces résultats sont observables grâce à la reconstitution du facièsfaciès, élaborée par Joe Mullins, médecin-légiste ayant participé à l'étude du corps.

    Le visage du crucifié du Cambridgeshire a été ici reconstitué en 3D, se basant sur les analyses ADN et morphologiques. © Impossible Factual
    Le visage du crucifié du Cambridgeshire a été ici reconstitué en 3D, se basant sur les analyses ADN et morphologiques. © Impossible Factual

    L'atrocité de la crucifixion

    Cette publication personnifie un supplicié de la Rome antique, mettant en exergue l'atrocité de la crucifixion. La mort s'abattait inexorablement, mais le calvaire pouvait s'étendre de 6 à plus de 72 heures selon une étude parue en 2003 dans la National Library of Medicine. Le condamné souffrait rapidement du manque d'oxygène dans le sang, une pathologiepathologie nommée anoxémie. Couplé à la fatigue, à la faim et à la soif, le crucifié mourrait généralement d'un arrêt cardiaquearrêt cardiaque, après des jours de souffrance physique.