Mosaïque représentant une scène intime entre une jeune femme et un homme au torse nu, 2e siècle après J.-C. © Carole Raddato, Wikimedia Commons, CC by-sa 2.0

Sciences

Sexualité à Rome : les Romains pratiquaient-ils un art d’aimer débridé ?

Question/RéponseClassé sous :histoire , mythologie grecque , Sexualité

Les Romains, malgré une solide réputation de puritains endurcis, auraient pratiqué un art d'aimer débridé. La contradiction n'est qu'apparente.

Il est des mosaïques romaines qu'on ne montre pas aux enfants, comme cette représentation d'un satyre et d'une nymphe, symboles mythologiques de la sexualité, qui entremêlent leur corps à la pigmentation savamment contrastée. Ils décoraient une chambre à Pompéi, jusqu'à ce que la justice immanente du Vésuve vienne mettre fin, un beau jour de l'an 79 après J.-C., à cette licence sexuelle débridée dont beaucoup font une marque de la culture romaine.

Pour les Romains, il y avait trois tabous absolus : coucher avec sa sœur, ou avec une vestale, et se faire sodomiser. En dehors de ces interdits, tous les coups auraient été permis ; il n'existe ainsi pas de mots en latin pour distinguer l'homosexualité de l'hétérosexualité. Pourtant, la licence sexuelle absolue des Romains est un mythe : le fait qu'elle soit si présente dans l'iconographie, les graffitis et la littérature (l'Art d'aimer d'Ovide ou l'Âne d'or d'Apulée), qui sont autant d'exutoires culturels, ne reflètent pas forcément la réalité.

Pompéi, fresque dans la Maison du Faune. © Naples, Musée national archéologique, Dunod

Ne pas confondre pudeur et sexualité

L'existence d'une importante prostitution publique qui s'exerce dans des lupanars ayant un statut légal (où n'officient que des esclaves ou des affranchi(e)s) doit être regardée comme le garde-fou d'une société strictement corsetée. Ce qui compte avant tout, c'est le statut social, qui conditionne le comportement sexuel. Devenir l'esclave de ses sens : voilà le comble du ridicule, surtout chez un vieillard. Il n'en manque pas dans les pièces satiriques de Martial, Juvénal ou Ovide.

En dehors de ces impératifs, oui, tout peut sembler permis. Et avant tout pour le paterfamilias, qui a théoriquement droit de vie ou de mort sur ses enfants et sa femme, et doit prendre garde que celle-ci ne le bafoue pas : le mari cocu est moins moqué que blâmé, pour son manque de fermeté. Cela n'empêche pas l'épouse de jouir de certaines libertés, comme celle de divorcer et de se remarier, sans même en informer son premier conjoint : ce que fit Messaline, la sulfureuse épouse de l'empereur Claude. Une chose est certaine : à Rome, la pudeur, au sens où nous l'entendons, n'avait rien à voir avec la sexualité.

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