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La sonde Akatsuki arrive autour de Vénus... avec cinq ans de retard

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La sonde japonaise Akatsuki aurait dû atteindre Vénus en 2010 mais un mauvais fonctionnement du système de propulsion lui fit manquer son objectif. Elle ne s'est pas perdue pour autant. Placée sur une autre trajectoire, elle arrive enfin à destination et devrait pouvoir étudier la planète pendant au moins deux ans.

Les observations d'Akatsuki aideront à mieux comprendre le fonctionnement de l'atmosphère de Vénus. Il s'agit de la première mission du Japon vers cette planète. © Jaxa, Nasa

Tout vient à point à qui sait attendre. Akatsuki vient d'arriver autour de Vénus après un périple autour du Soleil de 5 ans. Cette sonde de l'Agence japonaise d'exploration spatiale, la Jaxa, avait décollé en mai 2010 depuis la base de Tanegashima (sud du Japon) et aurait dû arriver autour de la planète le 7 décembre 2010 ! Ce rendez-vous manqué est dû au mauvais fonctionnement du système de propulsion qui n'avait pas suffisamment ralenti la sonde. En effet, alors qu'elle aurait dû se placer sur une orbite elliptique autour de Vénus avec un périapside de 300 kilomètres et un apoapside de pratiquement 80.000 kilomètres (les points respectivement le plus proche et le plus éloigné de la planète). Mais la sonde s'est finalement s'est trouvée sur une orbite... autour du Soleil.

Mieux vaut donc tard que jamais. Akatsuki se trouve aujourd'hui sur une orbite elliptique qui devrait lui permettre d'observer et étudier la planète pendant au moins deux ans. Si les objectifs scientifiques sont les mêmes, le programme pour y parvenir est quant à lui complètement bouleversé.

Vue d'artiste de la surface de Vénus. © Esa

Pas de tandem possible avec Venus Express

À l'aide de cinq caméras, fonctionnant dans autant de longueurs d'onde, et d'un instrument radio, Akatsuki a comme principal objectif de percer les mystères du mécanisme gérant la circulation atmosphérique. Elle devrait également utiliser l'ombre de Vénus pour observer éclairs et foudroiements. Des occultations radio devraient permettre d'observer les profils verticaux de la température, la quantité d'acide sulfurique dans la haute atmosphère de Vénus ainsi que la quantité d'électrons libres dans l'ionosphère.

Des observations devaient être conduites en tandem avec Venus Express, la sonde de l'Agence spatiale européenne (Esa), mais il est trop tard : Venus Express, qui tournait autour de la planète depuis 2006, a terminé sa mission en décembre 2014. Un des grands intérêts de la mission japonaise était justement sa complémentarité dans de nombreux domaines avec Venus Express - par exemple, les informations acquises par la mission de l'Esa sur les profils verticaux des nuages et des constituants mineurs étaient indispensables pour l'interprétation correcte des images d'Akatsuki.

Les scientifiques avaient là une occasion unique d'observer différents paramètres, simultanément pour certains, avec deux satellites qui auraient dû évoluer sur des orbites distinctes. Ils devront s'en passer...

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