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En bref : la soucoupe volante électrique a traversé la Manche

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Pierre Chabert et Gérard Feldzer ont réussi leur pari : traverser la Manche en dirigeable à propulsion électrique. Après un vol de 2 h 23 mn, record du genre, les deux hommes ont mis le pied sur le sol britannique. 

L'Iris Challenger II : un dirigeable électrique mû par deux moteurs de 7 kW chacun, entraînant des hélices en bois de 1,30 m de diamètre. Son enveloppe enferme 568 m3 d'hélium et porte une nacelle répondant aux normes ULM. Avec une charge utile de 200 kg, elle peut emmener deux hommes. Elle est ici équipée d'un canot. © Association Transocéans

On l'appelle la soucoupe volante : avec sa forme lenticulaire, le dirigeable Iris Challenger 2 peut en effet évoquer cette célèbre famille de véhicules extraterrestres. L'engin est original à plus d'un titre. Outre sa forme, unique, qui le rend très maniable et capable de tourner sur lui-même, il se fait remarquer par ses deux moteurs électriques. Ses créateurs n'en sont pas à leur coup d'essai puisque ce dirigeable à hélium est une évolution de l'Iris Challenger, réalisé pour une première tentative avortée, en 2011.

Ce mercredi 4 septembre, l'engin s'est envolé sous un ciel bleu du cap Gris-Nez, non loin de l'endroit où Louis Blériot a décollé son Blériot XI le 25 juillet 1909 pour la première traversée de la Manche en avion. Aux commandes de l'Iris Challenger 2, deux hommes. Pierre Chabert, entrepreneur de l'air, a créé Airstar, une société grenobloise spécialisée dans les ballons et les dirigeables. À ses côtés Gérard Feldzer, ancien pilote de ligne, ex-directeur du Musée de l'air et de l'espace du Bourget, et toujours d'une activité aéronautique bouillonnante. La Manche, il l'a traversée de plusieurs manières : en ULM en 1981 (c'était une première), en avion de construction amateur en 1984 avec Alain Souchon et l'année suivante en paramoteur. En 1993, en compagnie de Nicolas Hulot, il emmène de l'autre côté de l'Atlantique un dirigeable à pédales.

L'Iris Challenger 2 est lent : entre 15 et 30 km/h de vitesse par rapport à l'air et c'est 2 heures et 23 minutes plus tard qu'il a touché la terre anglaise, 35 kilomètres plus loin. Avec à la clé un record du monde de distance pour un dirigeable électrique, la victoire est belle pour l'association Transocéans, créée par Pierre Chabert. Ce groupe d'aventuriers ambitionne d'autres traversées : la Méditerranée puis l'Atlantique. Comme chez Solar Impulse pour l'énergie solaire, l'idée est de montrer les possibilités de la propulsion électrique en aérien. Un siècle après les premiers vols en avion, « nous avons encore tout à apprendre » aime à dire Gérard Feldzer.

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