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Comment est perçu le clonage humain ?

Dossier - Introduction sur le clonage humain
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Définition du clonage et réflexion éthique sur le clonage humain : pour et contre, diverses opinions sur la scène mondiale, législation en vigueur ...

  
DossiersIntroduction sur le clonage humain
 

1. Opinion des scientifiques et personnalités vis à vis du clonage humain

On a distingué 2 types d'avis :

© L0nd0ner, Pixabay, DP

Avis favorables au niveau social

Joshua Lederberg, prix nobel de médecine, a défendu le clonage humain comme moyen de reproduire « les individus supérieurs ».

Joseph Flechter, université de Virginie, écrivit que « la société pourrait avoir besoin de clones humains spécialisés pour remplir certains rôles particuliers, par exemple des individus spécialement résistants aux radiations, ou dotés d'une toute petite taille pour les vols à haute altitude et les vols spaciaux.

MacFarlane Burnet, prix nobel de médecine en 1960, publia en 1978 un livre pour expliquer l'intérêt qu'aurait la société à mettre en œuvre une sélection génétique systématique des individus. (Dr Richard Seed veut créer une clinique de clonage humain. Créé à l'image de Dieu, l'Homme doit à son tour créer des êtres à son image, c'est « la première étape sérieuse vers cette unité de l'homme avec Dieu ».)

Avis favorables au niveau médical

Simon Fishel (embryologiste anglais) est favorable à l'idée de faire un clone d'un malade pour produire des cellules souches embryonnaires pouvant être utilisées pour réparer des tissus endommagés. Il se dit même favorable à la production de « copie d'humains en état de mort cérébrale, comme réserve de greffes d'organes ».

Ruth Deech, human fertilization and embryology authority (GB), pense que l'on pourrait envisager d'autoriser un couple, risquant d'avoir un bébé anormal, à faire un clone.

Brigid Hogan, biologiste et spécialiste d'éthique médicale pose le cas d'un cancéreux qui a besoin d'une greffe de moelle osseuse mais ne trouve pas de donneur approprié. Il pourrait se cloner, grâce à un ovocyte prélevé chez un femme consentante. « En quelques jours l'embryon produirait des cellules souches utilisables pour une transplantation. Pas de problème d'éthique puisqu'aucun œuf n'est fécondé et il n'y a pas implantation de l'embryon dans un utérus.

Avis défavorables

L'avis d'érudits chrétiens et juifs est le suivant : selon eux quand des êtres humains cherchent à se reproduire d'une façon asexuée et en écartant l'homme du processus de procréation, ils défient avec arrogance l'ordre établi par Dieu.

Munawar Ahmad, un savant islamique, spécialiste de la génétique nous dit que " l'arrogance de la science occidentale n'a jamais été aussi grande...Le corps humain est la propriété de Dieu et non pas le laboratoire de l'Homme ".

Rocco Buttiglione, académicien italien proche du Pape Jean-Paul II insiste pour dire qu' « une personne n'est pas un objet ; elle est née de l'amour conjugale des parents. Les enfants ont le droit d'être procréer et non pas produits. Deux scientifiques, Jacques Montagut et Anne Veiga, ont lancé à Paris un « appel solennel à la vigilance sur le clonage humain ». Ils reprochent la chosification de l'homme en le clonant et le fait qu 'il deviendrait un moyen , non plus une fin. Dr Wilmut (le papa de dolly) pense que le clonage humain est une éventualité « affligeante et offensante » et il ajoute qu'il « ne peut concevoir aucune raison clinique pour reproduire un être humain ».

Jacques Chirac s'est prononcé en faveur d'une interdiction universelle du clonage humain, qui constitue selon lui « une atteint dégradante à la dignité humaine ».

2. Une certaine appréhension de la part de la population

La naissance de Dolly, la première brebis clonée par le docteur Wilmut en 1997, a fait couler beaucoup d'encre en relançant la polémique sur le clonage. Cette expérience apparaît inquiétante aux yeux du public. Par cette réussite, le clonage de l'homme semble être de plus en plus proche. D'autant plus qu'on a aussi réussi à cloner une souris, un porc, et une chèvre. Pourquoi cloner l'homme effraye la population ?

En fait, cloner un humain est une proposition effrayante parce que nous sentons bien intuitivement que l'on touche à quelque chose de tabou, à ce qui fonde notre civilisation : l'unicité de l'être. Beaucoup de personnes pensent que si deux êtres humains ont le même patrimoine génétique alors ils auront la même identité psychique. Pour certains, un clone serait en quelque sorte une autre incarnation du sujet cloné. Or l'idée qu'une parfaite similitude génétique entrainerait de soi une parfaite similitude psychique est dénuée de tout fondement scientifique. Certains pensaient pouvoir cloner de grands artistes ou scientifiques, comme Einstein, pour qu'ils puissent continuer leur œuvre : impossible !

La duplication d'un être humain suscite de nombreuses questions sur le plan philosophique et moral. De plus, avec Dolly, la fabrication en série d'individus identiques n'est plus un thème de science fiction, mais un sujet d'expérimentation. En fait, depuis longtemps, le clonage humain intéresse les hommes, et on le ressent dans les œuvres artistiques, reflet des interrogations et des réflexions de la société. Il y a 60 ans, le célèbre auteur de science fiction Aldous Huxley, dans son roman intitulé « le meilleur des mondes », mettait la technique du clonage en application pour un nouveau genre de société. Et aujourd'hui encore, le clonage humain est un thème qui inspire des séries télévisées, comme les « X-files » ; on peut aussi citer le film « Ma femme , mes doubles et moi » qui repose sur la notion de clonage.

Cependant si le clonage suscite une certaine peur, il fascine aussi beaucoup de personnes qui y voient le moyen d'assouvir leurs fantasmes les plus fous. Certaines personnes ne cachent pas leur désir de se faire cloner et leurs motivations sont multiples. Certains voudraient pérenniser leur personne, en quelque sorte, devenir immortels au travers de leur clone. D'autres atteints de stérilité voudraient que l'enfant issu de fécondation in vitro leur soit génétiquement lié... D'autres encore voient dans un clone de leur personne une réserve de cellules ou d'organes en cas de maladies ou d'accident... Peut-être que ce qui effraye le plus, c'est le côté pervers du clonage dû au côté pervers de l'Homme. Celui-ci est capable du meilleur comme du pire. Comment empêcher les possibles dérives et excès qui semblent inévitable, comme beaucoup d'invention (cf. la bombe H) ? Déjà les différents comités d'éthiques se sont rassemblés et le gouvernement a pris des dispositions.