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Premier clonage de cellules souches : la course au clonage humain s'accélère

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Prélevez des cellules sur l'épiderme de patients atteints de maladies génétiques. Extrayez l'ADN. Placez le tout au congélateur. Obtenez de femmes donneuses qu'elles vous confient quelques ovules. Énucléez-les. Introduisez l'ADN recueilli auparavant dans ces ovules sans noyau, donc désormais dépourvus de chromosomes. Stimulez les ovules pour déclencher la formation d'un embryon (comme cela a été fait, par exemple, pour cloner la brebis Dolly).

Ces embryons humains, âgés d'une semaine, sont des blastocytes. Leurs cellules semblent toutes identiques, et se transformeront plus tard en cellules de peau, de muscles, de foie, etc. Ces cellules souches intéressent beaucoup les chercheurs.

Interrompez le développement embryonnaire au sixième jour, au stade dit du blastocyte. Récupérez les cellules, qui ne sont pas encore différenciées : ce sont toutes des cellules souches, potentiellement capables de former n'importe quel tissu humain. Cultivez-les pour les multiplier. Servez ces cultures cellulaires à des chercheurs qui pourront étudier à loisir le génome initial et donc la maladie génétique (diabète, maladies neuromusculaires ou du système immunitaire, etc.).

Le blastocyte, source de cellules souches

C'est la recette (voir Science du 20 mai 2005) que viennent de réussir Woo Suk Hwang et Shin Yong Moon, de l'université de Séoul, déjà connus pour avoir, les premiers, créé une lignée de cellules souches humaines à partir d'un embryon cloné, en février 2004. Plus précisément, l'équipe coréenne a créé ainsi onze lignées de cellules souches à partir de prélèvements de peau effectués sur des volontaires âgés de 10 à 56 ans. Il leur a fallu 20 tentatives pour obtenir onze blastocytes viables, ce qui semble une prouesse.

Techniquement, en effet, cette suite d'opérations est délicate. Légalement, elle est impossible dans la plupart des pays où l'exploitation d'embryons humains est interdite. Elle relève du clonage dit thérapeutique : le développement embryonnaire est interrompu avant le 8ème jour, quand l'embryon, au stade de blastocyte, n'est encore qu'un ensemble de cellules indifférenciées. Plusieurs pays l'autorisent (Grande-Bretagne, Pays-Bas, Californie et Corée du Sud).

Scientifiquement, bien qu'elle n'ait pour l'instant aucune portée thérapeutique, cette réussite ouvre une voie de recherche prometteuse, en rendant disponibles des lignées de cellules souches, que l'on peut cultiver à loisir durant des semaines, des mois ou des années, permettant des études fines des maladies génétiques.

Eudier la maladie in vitro

Les recherches sur les cellules humaines ne sont pas une nouveauté. Depuis des décennies, les scientifiques en utilisent pour étudier le fonctionnement cellulaire, tester les effets de molécules mal connues ou tester de nouveaux médicaments, réduisant d'autant l'expérimentation sur l'animal. La nouveauté est qu'il s'agit ici de cellules souches, indifférenciées, que l'on commence à savoir guider pour en faire des cellules plus évoluées, différenciées en cellules de différents tissus. De nombreuses expériences deviennent ainsi réalisables, qui serait impossible autrement.

Médicalement, cette expérience laisse espérer qu'à long terme de telles cellules embryonnaires pourraient guérir des maladies aujourd'hui incurables. Cette utilisation d'embryons humains n'est cependant pas la seule voie possible puisque des cellules souches ont été découvertes chez l'adulte et peuvent elles aussi servir à de telles cultures.

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