Santé

Nuit électrique contre trous de mémoire : vers la machine à apprendre ?

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Des stimulations électriques savamment dosées aident à mémoriser des apprentissages récents. Scientifiquement intéressants, ces résultats manquent un peu de consistance pour espérer une machine à apprendre.

Avant de se coucher, treize étudiants en médecine de l'université de Lübeck (Allemagne) se sont livrés à quelques exercices de mémorisation : apprendre des paires de mots et de dessins, taper par cœur une suite de caractères sur un clavier et réaliser un exercice consistant à dessiner en regardant sa main dans un miroir. Puis, on a installé sur leur crâne une kyrielle d'électrodes maintenues par un bandage. Et au dodo.

Durant le sommeil de ces cobayes volontaires, Lisa Marshall, Jan Born et leurs collègues ont surveillé les encéphalogrammes pour repérer les phases de sommeil profond, pendant lesquelles tous les signes vitaux sont au ralenti. Plus précisément, les scientifiques attendent les bouffées d'ondes lentes. Pourquoi ? Parce que l'on sait que réveiller quelqu'un à cet instant dégrade ses capacités de mémorisation d'événements récents.

Le sommeil cimente nos souvenirs

Si on perturbe la mémorisation en interrompant le sommeil durant ces émissions d'ondes lentes, c'est qu'il se passe quelque chose... A l'inverse, la mémoire ne s'en trouverait-elle pas améliorée si on stimulait ces ondes ? C'est ce qu'ont voulu vérifier les chercheurs allemands en envoyant sur leurs étudiants endormis des impulsions électriques, légères mais accordées sur les fréquences des ondes lentes (quelques hertz). Les étudiants ont dormi deux nuits avec leur appareillage sur le crâne mais n'ont reçu de stimulations que durant l'une des deux, sans savoir laquelle.

Durant son sommeil, cette étudiante recevra de légères stimulations électriques qui renforceront ses ondes lentes naturellement émises par son cerveau, témoignant d'un travail encore mystérieux de l'activité cérébrale sur les souvenirs récents. Crédit : Lisa Marshall

Résultat : positif ! Les personnes stimulées durant la nuit présentent une amélioration «modeste mais significative » de leur capacité de mémorisation. Mais l'effet n'est obtenu que pour deux tests : ceux consistant à se souvenir de mots et de dessins. Pour les suites de caractères tapés au clavier et pour l'apprentissage d'un exercice de dessin, aucune amélioration n'est notée.

On est donc encore loin du stimulateur cérébral que l'on branchera sur sa tête la veille d'un examen mais cette expérience éclaire un peu mieux la manière dont notre cerveau travaille la nuit pour affermir la mémorisation de certains types de connaissances durant certaines phases de sommeil. Application pratique : avant un examen, dormez bien et laissez faire la nature !

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