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Une fois rassasié, le python a un grand coeur !

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Lorsque le python molure passe à table, son organisme en est ensuite tout retourné. La digestion demande une telle énergie que le volume cardiaque du serpent augmente de façon considérable. La digestion : l'heure de la sieste, vous dites ? Ah, pas pour tout le monde...

http://awesomeanimals.tripod.com/reptiles.htm Un magnifique python molure albinos... en appétit !

Habitant semi-aquatique de la jungle et des rivières d'Asie du Sud-Est, 6 à 8 mètres de long, 90 kilos, une force herculéenne et une façon de chasser plutôt... « étouffante » ! Voici en quelques mots la description d'un des serpents constricteurs les plus gros de la planète : le python molure (Python molurus). Il a de l'appétit lorsqu'il se met à table, mais s'il faut reconnaître qu'il peut manger beaucoup en une fois, il se nourrit peu souvent, à intervalles espacés parfois de plusieurs mois. Une équipe de chercheurs de Californie, dirigée par James Hicks, vient de se pencher sérieusement sur la digestion de ce gigantesque animal friand de rats, oiseaux, animaux domestiques ou autres grands mammifères qu'il avale en une simple bouchée.

L'étude publiée au début du mois dans la revue Nature indique que 48 heures après son repas, la masse du cœur (des ventricules précisément) du serpent augmente de 40%. Une nécessité en fait puisque la demande en oxygène de son organisme est sept fois supérieure à la normale à ce moment là ! En effet, l'effort consenti est considérable : imaginez-vous, carnivore que vous êtes, devoir avaler un poulet entier -et vivant, pourquoi pas ?- sans lui faire subir les premières épreuves de dégradation et découpages en morceaux infligées par les dents et la mastication, et que ce soit votre pauvre estomac qui soit chargé de tout faire ! Et encore. Ce n'est rien quand on sait que la plupart du temps, le python s'attaque à des proies qui font la moitié voire la même taille que lui...

De précédentes études avaient déjà démontré une croissance des organes abdominaux pendant la digestion (volume hépatique x 3, masse des intestins x 2, activité enzymatique du pancréas x 3). Mais cette découverte indique une extraordinaire faculté d'adaptation physiologique de l'organisme et du coeur, particulièrement efficace en seulement deux jours ! Elle serait due à l'augmentation de la production d'une protéine contractile des cellules cardiaques, la myosine. En réalité, si chez les grands athlètes humains, les médecins ont parfois décelé une hypertrophie du cœur, celle-ci, légère, a mis un temps extrêmement long à apparaître et on ne comprenait pas bien quels étaient les processus impliqués dans ces modifications cardiaques. Le python est donc un modèle d'étude idéal. Enfin, rassurez-vous, le volume du cœur n'augmente pas de 40% à chaque repas ! Une fois la digestion terminée, le cœur retrouve sa taille normale... et le python reprend lui aussi sa sieste.

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