Santé

Communiquer de cerveaux à cerveaux est désormais possible

ActualitéClassé sous :vie , Santé , cerveau

Parfois les mots nous manquent pour expliquer les choses. Et si nous pouvions communiquer directement de cerveau à cerveau sans avoir besoin du langage ? Un premier pas a été franchi dans une expérience de connexion directe entre deux cerveaux.

L’étudiant de gauche pense à tirer un coup de canon dans un jeu et envoie un signal à la personne de droite, la main prête à faire feu grâce à une tablette tactile. © Mary Levin, University of Washington

Chacun sait comme il peut être parfois compliqué d'exprimer ses sentiments ou d'expliquer des concepts abstraits... Aussi, transmettre une information directement d'un cerveau à un autre, est-ce vraiment de la science-fiction ? Avant d'en arriver là, des chercheurs de l'université de Washington ont voulu transmettre une information simple d'un cerveau à un autre, en utilisant une « interface de cerveau à cerveau » (brain to brain interface ou BBI). Ce dispositif a plusieurs fonctions : lire l'information provenant de l'activité neurale du cerveau émetteur, la décoder et transformer l'information numérique afin de générer une autre activité neurale dans le cerveau récepteur.

La même équipe de recherche avait montré en août 2013 qu'une connexion était possible entre deux cerveaux, grâce à une expérience où un chercheur avait fait bouger à distance le bras de son collègue. Après ce premier succès, les chercheurs ont voulu reproduire l'expérience à plus grande échelle, sur six volontaires répartis par groupes de deux. Leurs résultats paraissent dans la revue Plos One.

Plus précisément, l'équipe utilise deux outils non invasifs pour connecter les deux cerveaux. Le premier participant, dit « émetteur », est relié à un électro-encéphalographe qui lit l'activité cérébrale et envoie des pulsations électriques via le web au second participant, le « récepteur ». Celui-ci porte un casque avec une bobine de stimulation magnétique transcrânienne (TMS), placée près de la partie du cerveau qui contrôle les mouvements de la main.

Électroencéphalogramme de l’émetteur lors de deux essais. En rouge : l’émetteur doit penser au mouvement de la main. En bleu : il doit se retenir. © 2014 Rao et al., Plos One, cc by 4.0

L’émetteur contrôle le mouvement de la main du récepteur

Le principe de l'expérience était le suivant : le premier participant était devant un écran d'ordinateur avec un jeu vidéo dans lequel il devait défendre une ville en tirant un coup de canon. Mais au lieu de jouer directement, il devait penser au déplacement de la main qui tirait le coup de canon. Le récepteur était assis dans une pièce située dans un autre bâtiment du campus. Il ne pouvait pas voir le jeu, et sa main se trouvait près d'une tablette tactile qui pouvait tirer le coup de canon. Si l'interface entre cerveaux fonctionnait, la main du destinataire bougeait et pressait la tablette pour déclencher le tir. Dans la moitié des essais, il y avait un avion-ami qui passait et l'émetteur devait se retenir de tirer. Les deux participants ne pouvaient pas interagir entre eux d'aucune autre manière que par le lien entre leurs cerveaux.

Le temps de transmission de l’information d'un cerveau à l'autre était de l'ordre d'une seconde. La précision à laquelle les participants réussissaient à jouer au jeu ensemble variait entre les binômes. Un des trois binômes a eu des résultats moins bons que les deux autres. Il est apparu que c'était dû à l'émetteur qui n'arrivait pas à générer une information suffisante pour l'ordre de faire feu. Cela se voyait sur son électro-encéphalogramme, lorsqu'on le comparait aux autres : les activités cérébrales dans les deux situations (faire feu ou se retenir en présence de l'avion-ami) étaient trop proches.

L'information extraite du cerveau par électro-encéphalographe peut donc être transmise à un autre cerveau en utilisant une méthode non invasive, sans implantation d'électrodes dans le cerveau.

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour.

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !

Cela vous intéressera aussi