Santé

À forte dose, le sel pourrait retarder la puberté

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Une alimentation à forte teneur en sel, très répandue dans les pays occidentaux, pourrait retarder la survenue de la puberté, selon les résultats d'une étude. Bannir le sel ne serait pas non plus la solution, estiment les chercheurs. Aussi suggèrent-ils à l'OMS de revoir leurs recommandations de sorte qu'elles soient mieux adaptées à nos modes de consommation.

Une nouvelle étude menée en laboratoire sur des rongeurs établit un lien étonnant entre la consommation de sel et les retards de puberté. © Shutterstock.com, Ilya Andriyanov

« La forte consommation de sel des populations occidentales actuelles a le potentiel de considérablement affecter la santé reproductive et justifie une attention accrue », explique Dori Pitynski, de l'université du Wyoming aux États-Unis. Les retards de puberté peuvent entraîner des problèmes de comportement, du stress et réduire la fertilité, à en croire les résultats de l'étude.

L'équipe de chercheurs a travaillé sur des rats, certains ont reçu une alimentation affichant un taux de sodium trois ou quatre fois supérieur aux recommandations médicales quotidiennes pour l'homme, avec pour conséquence d'importants retards de puberté.

Même si de nombreuses études se sont déjà intéressées au lien entre la consommation de graisses et la survenue de la puberté, cette étude serait la première à démontrer le rôle du sel quant au déclenchement de ce changement hormonal.

« Nos travaux montrent que de forts taux de graisses et de sel ont des effets contraires sur la santé reproductive », explique le professeur Pitynski. « On sait que les régimes très gras accélèrent la survenue de la puberté, mais notre étude montre que les rats qui reçoivent une alimentation à forte teneur en sel, même en l'absence de graisses, rencontreront un retard de puberté. »

Gros plan sur des cristaux de sel. © André Karwath, Wikipédia, CC BY-SA 2.5

Un effet plus significatif sur la santé reproductive que les graisses

Mais bannir totalement le sel n'est pas une solution viable, précisent les scientifiques, qui expliquent que le sel pourrait aussi être nécessaire à la survenue du processus de puberté, car les rats privés de sel enregistrent aussi des retards de puberté.

Ils concluent cependant que le sel a un effet plus significatif sur la santé reproductive que les graisses. Une étude précédente, parue il y a quelques semaines, montrait que les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en terme de consommation de sel étaient presque impossibles à atteindre.

En effet, ce dernier recommande de consommer moins de 2.000 milligrammes de sel par jour, soit un peu moins qu'une petite cuiller. Selon le Dr Drewnowski, de l'université de Washington, il semblerait que même en augmentant la sensibilisation à la consommation de sel, il serait difficile de changer notre manière de consommer, il pense donc que l'OMS devrait revoir ses recommandations.

Pour changer les choses de manière durable, il faudrait d'abord que les industriels réduisent le taux de sodium qu'ils ajoutent dans les plats préparés et autres préparations, comme le précisaient les auteurs de cette étude parue dans le British Medical Journal. Les résultats des dernières recherches en date sur le sujet, menées par le professeur Pityniski sur les effets du sodium sur la santé reproductive, ont été présentés à l'occasion du congrès européen d'endocrinologie, à Dublin, en Irlande.

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