Axel Kahn, président de la Ligue contre le cancer. © Claude Truong-Ngoc
Santé

Axel Kahn : « la France, championne du monde de la défiance » face au coronavirus

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[EN VIDÉO] Interview : "La France, championne du monde de la défiance envers les sachants"  Axel Kahn nous parle de la défiance des français dans un contexte comme celui de l'épidémie de covid-19. 

En ces temps de pandémie, la France semble divisée entre les personnes, qui acceptent de restreindre un peu leur liberté pour limiter la propagation d'un virus qui a déjà fait plus d'un million de morts à travers le monde, et les autres. Nous sommes allés discuter de cette défiance et de la recrudescence de l'épidémie de Covid-19 avec Axel Kahn, président de la Ligue contre le cancer.

On connaissait déjà la défiance envers les vaccinations et l'adoration des Français pour certaines médecines alternatives, comme l'homéopathie. Il n'est malheureusement pas étonnant de constater que pendant cette pandémie, des défiances ont aussi été à l'œuvre. Utilité du confinement et du masque, controverse sur le traitement, origine du virus. Bref, tous les sujets ou presque, en rapport avec le SARS-CoV-2 et la maladie Covid-19, ont été sujets à une défiance. Nous avons posé quelques questions à Axel Kahn, président de la ligue contre le cancer, à ce sujet. Vous pouvez retrouver son intervention dans la vidéo ci-dessus.

La chloroquine : pierre angulaire de la défiance 

Futura a suivi de près l'affaire de la chloroquine. Des premières déclarations miraculeuses et donc inattendues, en passant par la réalisation d'essais cliniques douteux, jusqu'aux preuves qui sont venues enterrer le rationnel préclinique de son utilisation. Il faudra prendre du recul pour étudier ce phénomène sociologique, mais une chose est sûre : cette controverse aura une place prépondérante dans la défiance généralisée qui s'est ensuivie. En effet, le public, qui ne sait pas forcément comment fonctionne la science, a peut-être été déçu de voir sa vision idéalisée de la démarche scientifique mise à mal. Aussi la place des réseaux sociaux et des chaînes « d'informations » en continu devra être étudiée de plus près en tant qu'outil de communication ayant pu contribuer à la défiance constatée. S'il faut rappeler une seule chose, c'est que l'exercice scientifique est collectif. Nous sommes tous humains, nous avons tous des biais et des croyances. Le meilleur moyen de s'en prémunir, c'est de respecter des méthodes élaborées dans l'objectif de limiter les biais.

Face au coronavirus, la France est championne du monde de la défiance envers les sachants. © herraez, IStock photo

La recrudescence du virus 

La défiance se mêle, en ce début d'automne, à une période où le virus pointe de nouveau le bout de son nez. Il n'est jamais véritablement parti en réalité, mais les contaminations, les hospitalisations en réanimation et les décès sont de plus en plus préoccupants. Plusieurs régions sont d'ailleurs en état d'alerte maximal concernant la Covid-19. Même s'il y a encore beaucoup d'inconnues sur l'immunité générale de la population face au virus, on peut supposer qu'elle n'est pas optimale étant donné que nous avons eu à subir un confinement drastique, puis l'adoption de mesures barrières rigides. Ces mesures doivent devenir une habitude le temps de trouver un vaccin ou de posséder une immunité collective naturelle. Enfin, depuis hier, la ville de Marseille crée son propre conseil scientifique. La défiance n'est pas prête de s'arrêter...

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