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Kilos vite perdus et vite repris : la fin d’un mythe

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À long terme, une perte de poids progressive n'est pas forcément plus efficace qu'un régime rapide et drastique. Pourtant, on recommande généralement aux personnes en surpoids ou obèses de perdre du poids lentement et régulièrement...

L’obésité touche près de 15 % des adultes français, d'où la nécessité de connaître les meilleurs moyens pour perdre du poids. © Mallinaltzin, Wikimedia Commons, cc by 3.0

Face aux problèmes d'obésité, il est devenu important de connaître les stratégies permettant une perte de poids efficace et durable. Certains régimes, par exemple ceux qui évitent les glucides comme le régime Atkins, conduisent parfois à des pertes de poids rapides. Il est souvent admis que plus on perd vite les kilos, plus on risque de les reprendre et que par conséquent une perte de poids plus lente serait une meilleure stratégie à long terme.

Pour savoir si c'est effectivement le cas, des chercheurs de l'université de Melbourne (Australie) ont comparé l'efficacité à long terme d'une perte de poids lente et régulière avec un régime court conduisant à une perte de poids rapide. Pour cela, ils ont recruté 200 adultes obèses, avec un indice de masse corporelle (IMC) compris entre 30 et 45 kg/m. Les patients ont été répartis au hasard dans deux groupes : 103 ont été assignés à un programme de perte de poids rapide en 12 semaines avec des apports énergétiques de 450 à 800 calories par jour, tandis que les 97 autres suivaient un régime sur 36 semaines, avec des apports énergétiques réduits de 500 calories par jour. En général, pour les adultes, les recommandations journalières sont de 2.000 calories pour une femme et 2.500 à 2.800 calories pour un homme.

L'objectif des deux programmes était de perdre 15 % du poids. Si un patient arrivait à perdre 12,5 % de son poids, il participait à la deuxième phase de l'expérience, qui consistait à se stabiliser durant 144 semaines. Les résultats de cet essai clinique, qui a été réalisé entre août 2008 et mars 2010, paraissent dans la revue The Lancet Diabetes & Endocrinology.

Qu’ils soient perdus vite ou lentement, les kilos reviennent dans les mêmes proportions... © Orcunkoktuna, Wikimedia Commons, cc by sa 3.0

Maigrir vite motiverait plus

81 % des personnes qui avaient suivi le programme de perte de poids rapide ont atteint l'objectif de 12,5 % de perte de poids, contre seulement 50 % dans l'autre groupe. De plus, les 43 personnes qui ont perdu du poids lentement et les 61 qui l'ont perdu plus vite ont repris du poids dans les mêmes proportions lors de la seconde phase de l'expérience : en moyenne, à la fin de la période de « stabilisation », ils avaient repris 71 % des kilos perdus (71,2 % avec le régime « lent » et 70,5 % avec le régime « rapide »).

Les auteurs signalent que, au cours de la phase de perte du poids, un participant du groupe de perte de poids rapide a eu une cholécystite, c'est-à-dire une inflammation de la vésicule biliaire. Celle-ci a nécessité son ablation. De plus, pendant la phase de stabilisation du poids, deux personnes du groupe de perte de poids rapide ont développé un cancer.

Par conséquent, cette recherche semble montrer que la vitesse à laquelle on perd des kilos n'influence pas le nombre de kilos repris. Plusieurs explications sont avancées par les auteurs. Tout d'abord, la faible quantité de glucides dans les régimes hypocaloriques pourrait favoriser la satiété. Par ailleurs, le fait de perdre du poids rapidement pourrait motiver les participants à poursuivre leur régime.

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