Aux États-Unis, les personnes originaires d’Amérique latine sont plus sujettes au diabète que les autres. Pourquoi ? En voulant répondre à cette question, une équipe internationale a dépisté un facteur génétique, hérité de l'Homme de Néandertal, et impliqué dans le développement de cette maladie.
Cela vous intéressera aussi

Le diabète est une épidémieépidémie mondiale émergente qui touche aujourd'hui près de 350 millions d'individus dans le monde. Les personnes atteintes ne peuvent plus contrôler correctement leur taux de sucresucre dans le sang et sont sujettes aux hyperglycémies. À terme, ces troubles altèrent les nerfsnerfs et les vaisseaux sanguins et conduisent à des complications sévères telles que des infarctus, des troubles de la vision ou des accidents cardiovasculaires.

Cette maladie affecte plus particulièrement certaines communautés. Aux États-Unis par exemple, les institutions sanitaires ont constaté une prévalenceprévalence du diabètediabète chez les personnes d'origine hispanique et les Amérindiens. Cependant jusqu'ici aucune étude n'avait permis d'élucider les raisons de ce risque plus élevé. C'est maintenant chose faite. Dans une nouvelle recherche, publiée dans la revue Nature, des scientifiques états-uniens et mexicains participant au projet Sigma (Slim Initiative in Genomic Medecine) ont identifié un facteur de risque génétique qui favorise le développement du diabète de type 2 dans la population des pays d'Amérique latine et chez les Amérindiens.

L'Homme de Néandertal a légué plusieurs gènes à l’Homme moderne. Parmi eux, un gène variant qui augmente le risque de diabète.

L'Homme de NéandertalNéandertal a légué plusieurs gènesgènes à l'Homme moderne. Parmi eux, un gène variant qui augmente le risque de diabète. © Gianfranco Goria, Flickr, cc by nc nd 2.0

Un facteur génétique identifié chez les Hispaniques

Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont analysé le génome de plus de 8.000 personnes d'origine hispanique. Ils se sont alors rendu compte que les candidats diabétiques contenaient souvent des mutations dans le gène Slc16a11. Une analyse plus poussée a montré qu'il codait pour une protéineprotéine localisée dans le foiefoie et impliquée dans le métabolisme des lipides. La version mutée fonctionne mal, ce qui induit une hausse du taux de triglycéridestriglycérides à l'intérieur des cellules et favorise le développement du diabète de type 2. Les auteurs ont également découvert que 50 % des Amérindiens possédaient ce gène muté ainsi que 10 % des Asiatiques. En revanche, peu d'habitants originaires d'Afrique ou d'Europe le portent.

D'où vient cet allèleallèle muté ? En analysant de l'ADNADN ancien, les chercheurs ont montré que la mutation était déjà présente il y a 60.000 ans chez l'Homme de Néandertal, une espèceespèce du genre Homo aujourd'hui majoritairement considérée comme indépendante des Homo sapiens, bien que cela fasse l'objet de vifs débats au sein de la communauté scientifique.

« Jusqu'ici, les études génétiques s'étaient majoritairement concentrées sur les populations européennes, expliquent les auteurs, cela explique pourquoi elles n'avaient pas démasqué ce facteur génétiquegénétique majeur de risque de diabète. » Selon eux, ces résultats prometteurs pourraient conduire à l'élaboration de nouveaux traitements contre cette pathologiepathologie.