Santé

La pneumonie atypique : entre incertitudes et espoirs

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Cette fois ci les scientifiques semblent certains que le virus responsable de l'épidémie de pneumonie atypique (ou SRAS) est un nouveau virus de la famille des coronavirus. L'épidémie a jusqu'à présent tué 78 personnes et plus de 2300 ont été infectées. 

En 1996, à Hong Kong, 3.087 morts de la pneumonie tandis que le nombre de personnes qui en étaient infectées se situeraient entre 20.000 et 40.000 individus. Durant la même année, mais au Canada, ce chiffre monte à 7.627 décès liés à la pneumonie ou la grippe. © DR

L'identification définitive du virus va permettre la mise au point d'un test de diagnostic qui fait cruellement défaut. Ce test permettra aussi de déterminer comment le virus se propage d'une personne à l'autre. Des nouveaux cas sont recensés tous les jours à Hong Kong (même s'il semble que le nombre de nouveaux cas diminue) et des pays jusqu'à présent épargnés font état de leurs premiers cas, comme l'Afrique du Sud ou les Philippines. En revanche dans les autres pays comme le Vietnam, et le Canada l'épidémie semble contenue.

La Chine coopère pleinement avec l'OMS

Après des débuts difficiles, le gouvernement Chinois a finalement autorisé les membres de l'équipe de l'OMS à se rendre dans la province de Guangdong, qui jouxte Hong Kong, et d'où l'épidémie semble avoir commencé. A elle seule cette province comptait au 31 mars, 1153 cas de pneumonie atypique et 40 morts. Une polémique est née du fait que le gouvernement Chinois a longtemps été réticent à communiquer les données sur l'étendue de l'épidémie en Chine, permettant ainsi à la maladie de se propager. En effet, le gouvernement Chinois craignait que l'image internationale de la Chine n'en soit affectée. La logique du gouvernement Chinois est clairement expliquée par un officiel lorsque celui-ci dit :" Certaines maladies contagieuses sont traitées comme des secrets d'états". La Chine s'est aussi engagée à communiquer des informations quotidiennes à l'OMS sur les nouveaux cas détectés.

Restrictions de déplacement

C'est la première fois dans l'histoire de l'OMS que celle-ci déconseille à tous les voyageurs de se rendre à Hong Kong ou dans la province de Guangdong.

Depuis 1958, l'OMS établit des listes des pays touchés par des maladies nécessitant la mise sous quarantaine des malades. Ainsi chaque gouvernement est en mesure de prendre les mesures sanitaires qu'il juge utiles concernant les voyageurs provenant de ces pays. Cependant, même durant les dernières années avant l'éradication de la variole, l'OMS n'avait jamais émis de restriction de voyage à l'échelle de la planète.

Le mode de transmission de ce virus demeure particulièrement obscur.

Jusqu'à récemment les spécialistes pensaient que le virus ne se propageait que par des contacts avec des gouttelettes issues des éternuements ou de la toux. Or les récents cas de transmission notamment dans un immeuble à Hong Kong fait penser qu'il existe d'autres possibilités de transmissions. Les scientifiques ne croient pas que l'air est un vecteur de transmission important, ce genre de virus ayant une durée de vie courte (2 à 3H) dans l'air. Mais il est possible que des facteurs environnementaux encore inconnus favorisent la dispersion du virus spécifiquement à Hong Kong.

 L'identification du virus

Après avoir hésité quelque temps les chercheurs ont fini par déterminer de manière certaine que le virus responsable de la pneumonie atypique était un nouveau virus de la famille des coronavirus. Cette famille est très bien connue des virologistes puisque plus d'un tiers des rhumes sont dus à un virus de cette famille.

Pour confirmer que le virus est bien le responsable de la maladie, trois expériences doivent être effectuées et donner des résultats positifs. Ce protocole est appelé le postulat de Koch, du nom du scientifique Allemand qui a établi ces règles en 1890 :

  • Le pathogène suspect doit être isolé à partir de quasiment tous les malades ;
  • Il doit être possible de le cultiver en laboratoire de manière isolée :
  • Cette culture de germes doit être capable de reproduire les symptômes de la maladie après injection dans un animal modèle.

Le coronavirus isolé a validié tous ces tests. Nous ne connaissons pas encore quels animaux ont été utilisés pour les tests, mais les scientifiques ont tout de même précisé qu'ils avaient testé le virus sur des primates ainsi que sur des souris.

L'utilisation de ces animaux de laboratoire va permettre d'effectuer des tests sur d'éventuelles molécules thérapeutiques afin d'en déterminer l'efficacité sur le virus.

Un vaccin serait évidemment une avancée majeure dans la lutte contre cette pneumonie atypique. Le fait que les patients qui ont survécu à l'infection présentent un taux très important d'anticorps dirigés contre le virus est encourageant pour la mise au point d'un futur vaccin. Il semble que des échantillons du virus aient déjà été distribués à des compagnies spécialisées dans la fabrication de vaccins.

Un dernier point encourageant, est que le sérum obtenu à partir du sang de patients convalescents a permis de sauver 20 malades à des stades très sévères de la maladie à Hong Kong.

Les cas de SARS dans le monde (mis à jour)

Le tableau ci-dessous reprend les cas déclarés de pneumonie dans le monde (source OMS)  du 1er novembre 2002 au 3 avril 2003 à 17h00 GMT+2. Les valeurs indiquées représentent les cas probables de pneumonie atypique déclarés par les différents pays. Sauf pour les Etat-Unis où sont indiqués tous les cas suspects en cours d'évaluation.

Pays
Nombre de cas
Nombre de morts
Australie10
Belgique10
Canada626
Chine119046
Hong Kong73417
Taïwan (Chine)140
France30
Allemagne50
Italie30
République d'Irlande10
Roumanie10
Singapour984
Brésil10
Suisse20
Thaïlande72
Angleterre30
Etats-Unis850
Vietnam594
Total227079

Futura-Sciences a suivi l'évolution de l'épidémie

Cliquez sur ces liens pour relire, l'historique de cette épidémie : 

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