Santé

Les éthylotests, un déchet dangereux pour l’ONG Robin des Bois

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Parce qu'ils contiennent du dichromate de potassium, un produit classé comme cancérigène et dangereux pour l'environnement, les millions d'éthylotests, après leur durée de vie d'un an seulement, ne devraient pas être jetés n'importe où. Il faut mettre en place une filière spécialisée de retraitement, plaide l'ONG Robin des Bois.

Si les cristaux de l'éthylotest indiquant le résultat sont jaunes, le test est négatif. S'ils sont verts, il y a de l'alcool dans l'air expiré mais seulement au franchissement de la ligne centrale, le test tourne au positif. © Idé

Jeter dans une simple poubelle après usage les éthylotests, obligatoires dans les voitures depuis le 1er juillet, représente un danger pour la santé et l'environnement en raison d'une substance cancérigène qu'ils contiennent, a mis en garde vendredi l'ONG Robin des Bois. L'association plaide pour la mise en place d'une filière de récupération spécifique, comme il en existe par exemple pour les piles ou les ampoules. « Chaque éthylotest à usage unique contient environ 1 gramme de chrome 6, une substance classée cancérigène », assure son président, Jacky Bonnemains.

Ce petit instrument repose en effet sur la réaction du dichromate de potassium, de couleur orange, avec l'alcool éthylique, qui libère des ions chrome de couleur bleu-vert (et de l'acide acétique). C'est ce dichromate de potassium qui est notoirement toxique, pour la santé humaine et pour l'environnement.

Pour un marché estimé à 30 millions d'éthylotests par an, cela représenterait quelque 30 tonnes de chrome 6 à traiter, souligne-t-il, alors que, « à titre de comparaison, en 2010, le rejet dans l'eau de chrome 6 par les industries a été de 622 kg ».

Bientôt une filière de déchets spéciale pour les éthylotests, comme pour les piles ? © Sébastien/Fotolia.com

Ne pas les jeter dans la poubelle des plastiques

Le rejet de ces éthylotests usagés dans de simples poubelles ou des collecteurs de déchets plastiques, tel que recommandé, « serait une pratique dangereuse pour l'environnement et la santé publique », poursuit Robin des Bois. Incinérés, ces déchets d'éthylotests chargeront en chrome les fumées et les mâchefers (résidus solides de la combustion des déchets) ; mis en décharge, ils pollueront à terme les eaux et risquent aussi de se retrouver dans la nature.

Pour Robin des Bois, la solution est de créer une filière de collecte spécifique, où les fabricants seraient inciter à développer une écoconception de leur produit et contribueraient à sa récupération. À défaut d'une nouvelle filière, ces éthylotests usagés pourraient au moins, plaide Robin des Bois, être intégrés dans des filières existantes, comme celles gérant les déchets diffus spécifiques (DDS), c'est-à-dire les déchets issus de produits présentant un risque pour la santé et l'environnement, comme des solvants, peintures, vernis, extincteurs. Ils pourraient aussi éventuellement rejoindre la filière existante pour les déchets médicaux.

Depuis le 1er juillet, chaque véhicule à moteur circulant sur les routes françaises, à l'exception des cyclomoteurs (moins de 50 cm3 et 45 km/h maximum), devra être équipé d'un éthylotest chimique ou électronique. En cas d'infraction, la sanction sera une amende de 11 euros, qui n'entrera en vigueur qu'au 1er novembre 2012.

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