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L’Outox, boisson miracle pour faire chuter l'alcoolémie ?

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La boisson présentée par la société luxembourgeoise Outox comme pouvant accélérer la chute du taux d'alcool dans le sang, et dont la mise en vente est prévue le 18 juin, inquiète fortement le Pr. Hirsch de l'association Alliance Prévention Alcool.

L'alcool au volant tue près de 1.000 personnes par an, en majorité des jeunes. © Flucas / Fotolia.com

« Une fausse allégation extrêmement grave ». Tout à la fois vice-président de la Ligue nationale contre le Cancer et secrétaire de la toute nouvelle association Alliance Prévention Alcool, Albert Hirsch n'y va pas de main morte. Pour lui, comme d'ailleurs pour toutes les associations de lutte contre les dangers de l’alcool, la prochaine mise sur le marché d'Outox représente un danger réel. Et cela « notamment pour les jeunes ». La promotion de cette nouvelle boisson repose en effet, sur ses prétendues « vertus » anti-gueule de bois. Les associations demandent son interdiction pure et simple.

La commercialisation d'une boisson promettant d'« accélérer de façon importante la chute du taux d'alcool dans le sang » peut avoir des « conséquences dramatiques » selon le Pr Hirsch. « Le risque est fort que des consommateurs - surtout les jeunes - s'adonnent au binge drinking [boire de grandes quantités d'alcool très rapidement, NDLR] puis boivent Outox et, pensant en être capables, prennent le volant et se tuent ou tuent quelqu'un. »

Info ou intox ?

Il est effectivement difficile de croire que la composition de la boisson (qui d'après certaines sources non officielles serait à base de fructose, du jus de citron et des acides citrique et malique) permette de réduire le taux d'alcoolémie, sachant qu'aucune preuve scientifique ne montre que ces produits ont un quelconque effet lorsqu'ils sont consommés individuellement.

Le secrétaire d'Alliance Prévention Alcool dénonce « l'irresponsabilité de la société qui met en vente ce produit et celle de l'autorité publique » qui l'a autorisé. L'Alliance, réunissant 14 associations de lutte contre l'alcool et ses conséquences sociales, demande que « le produit soit interdit le plus vite possible ». Sauf à prouver que c'est le produit lui-même qui est dangereux - et non le mauvais usage qui pourrait en être fait - il n'est pas certain que les autorités disposent d'un tel pouvoir, tant les règles du marché s'imposent à elles. A moins bien entendu que la fausseté des allégations du distributeur, dénoncée par Albert Hirsch, ne soit établie. Cette affaire en tout cas, met en lumière « la nécessité de s'organiser contre un lobby fort et organisé », ajoute le Pr Hirsch.

Source : Interview du Pr Albert Hirsch, vice-président de la ligue contre le cancer et secrétaire de l'Alliance Prévention Alcool, 15 juin 2010.

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