Santé

Des cellules souches au secours des problèmes d’érection

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En utilisant des cellules souches combinées à un greffon, des chercheurs ont réussi à redonner toute la vigueur à l'érection chez des rats défaillants. Une première du genre qui pourrait ouvrir des pistes thérapeutiques pour soigner certaines dysfonctions érectiles, comme la maladie de La Peyronie, chez l'homme.

Les cellules souches, à l'image de celle visionnée ici au microscope électronique à balayage, représentent l'avenir pour de nombreuses thérapies, notamment dans les pathologies liées à des dégénérescences cellulaires. Dans cette expérience, elles ont été proposées pour résoudre des problèmes liés à l'érection chez des hommes atteints de la maladie de La Peyronie. © Wellcome images, Flickr, cc by nc nd 2.0

La maladie de La Peyronie, du nom d'un médecin français du XVIIIe siècle, affecte entre 3 et 9 % des hommes (selon les sources). Cette pathologie, dont l'origine reste mal connue, se caractérise par une déviation du pénis lors de l'érection à cause d'une plaque fibreuse qui apparaît autour des corps caverneux, les structures permettant la turgescence de la verge.

Cette courbure apparaît progressivement. Dans certains cas, elle devient même trop importante pour permettre les rapports sexuels, entraînant douleurs et mal-être personnel. Les patients les plus sévèrement touchés risquent même l'impuissance.

De nouvelles études menées sur des rats par des chercheurs de l'université Tulane (États-Unis) pourraient redonner de l'espoir à tous les hommes atteints par cette pathologie. En combinant des cellules souches avec un greffon, des rats atteints d'une affection similaire ont pu être soignés. Les résultats sont parus dans Pnas.

Greffe et cellules souches : la meilleure solution pour l’érection

En réalité, les rongeurs ne développent pas la maladie de La Peyronie. Les chercheurs ont dû les opérer artificiellement et léser le tissu pour mimer ce qui se produit chez l'homme. Les rats ont ensuite été classés en différents groupes.

Huit individus ont été traités avec un greffon d'intestin de porc combiné avec des cellules souches issues du tissu adipeux de rats adultes. Un deuxième groupe n'a reçu que le greffon seul, mimant ainsi les thérapies pratiquées chez l'homme. Un troisième lot n'a subi qu'un simulacre de chirurgie, sans que le tissu pénien ne soit abîmé, pour s'assurer que l'opération n'influait pas sur le cours de l'expérimentation. Enfin, un dernier groupe servait de contrôle.

L'expérience réalisée sur des rats a montré les bienfaits des cellules souches issues du tissu adipeux pour restaurer le tissu du pénis abîmé par la maladie de La Peyronie, ou son équivalent. Bien qu'ayant mauvaise réputation à cause des épidémies qu'il a causées dans le passé, le rongeur devient désormais un animal modèle de laboratoire, utilisé dans toutes sortes d'expérience, y compris comportementales, puisqu'il a démontré d'importantes facultés intellectuelles. © Janet Stephens, Wikipédia, DP

L'expérience réalisée sur des rats a montré les bienfaits des cellules souches issues du tissu adipeux pour restaurer le tissu du pénis abîmé par la maladie de La Peyronie, ou son équivalent. Bien qu'ayant mauvaise réputation à cause des épidémies qu'il a causées dans le passé, le rongeur devient désormais un animal modèle de laboratoire, utilisé dans toutes sortes d'expérience, y compris comportementales, puisqu'il a démontré d'importantes facultés intellectuelles. © Janet Stephens, Wikipédia, DP

Les chercheurs ont laissé huit semaines aux rats pour récupérer de l'intervention chirurgicale, avant d'étudier leur érection, suscitée par stimulation électrique. Seuls les rongeurs traités avec un greffon et des cellules souches ont retrouvé une rigidité, un temps de réponse et un flux sanguin comparables aux rats dont les tissus avaient été préservés. Une greffe seule ne restaure donc pas aussi bien toutes les fonctionnalités érectiles.

Bientôt des tests pour des patients atteints de la maladie de La Peyronie

Une analyse plus précise a révélé que les cellules issues de la greffe et des cellules souches produisaient davantage de composés fondamentaux pour une érection normale : 

« Ce mécanisme d'action apparent correspond bien à ce que suggèrent d'autres études cliniques, à savoir que les cellules souches issues du tissu adipeux favorisent l'approvisionnement en sang et la réduction des cicatrices » commente Marc Hedrick, un scientifique non impliqué dans ce travail.

Si la communauté scientifique se réjouit des applications cliniques qui pourraient en découler, elle s'impatiente également de voir si l'on observe des résultats similaires chez les hommes. Wayne Hellstrom, dernier auteur de l'étude, prévoit déjà de tester cette expérience sur des primates. Et pourquoi pas chez quelques hommes affectés par la maladie de La Peyronie.

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