Santé

Enquête sur les troubles de la fertilité dans les foyers français

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L'équipe Epidémiologie de la fertilité de l'unité Inserm 569 se penche depuis plusieurs années sur les problèmes de fertilité humaine. Des indices sérieux indiquent que la santé reproductive s'est détériorée dans les dernières décennies. Pour en déterminer les causes et les corréler à un éventuel impact de notre environnement, l'Inserm, l'Institut national de Veille Sanitaire et l'Université de Copenhague ont mis en place un Observatoire épidémiologique de la fertilité en France.

Image en fausses couleurs de la fécondation d'un ovule par des spermatozoïdes. Crédits : DR.

La phase pilote menée sur une cohorte de 1200 femmes confirme l'effet néfaste du tabac sur la fertilité. L'étude finale sera menée en 2007 auprès de 20 000 foyers. Ces travaux sont publiés dans la revue Epidemiology.

Les troubles de la fertilité sont ils plus fréquents aujourd'hui qu'hier ou simplement mieux pris en charge médicalement ? Des indices sérieux indiquent que la santé reproductive masculine s'est détériorée dans les dernières décennies : le cancer du testicule est de plus en plus fréquent, la concentration spermatique a vraisemblablement décru, et les anomalies congénitales des organes reproducteurs pourraient être plus fréquentes.

On ne sait pas si la détérioration de la santé reproductive masculine a pu entraîner une augmentation des difficultés à concevoir au niveau des couples. En effet, si le nombre de grossesses obtenues après une assistance médicale à la procréation a considérablement augmenté au cours des dernières décennies, il n'est pas possible de distinguer, dans cette augmentation, ce qui relève de l'amélioration de l'offre médicale de ce qui relèverait d'une éventuelle détérioration de la fertilité. Pour répondre à ces questions, l'Inserm, l'InVS et l'Université de Copenhague ont mis en place l'Observatoire Epidémiologique de la Fertilité en France. Il consiste à recruter et suivre dans le temps les couples ayant des rapports sexuels non protégés jusqu'à la survenue d'une grossesse éventuelle.

Cette enquête réalisée auprès de la population générale permet de suivre une partie des couples jusqu'alors exclus des études classiques. L'originalité de cette approche est, en effet, de permettre d'inclure les couples qui n'obtiendront finalement pas de grossesse, exclus des études réalisées en maternité, et sans se limiter à ceux décidant de médicaliser leur difficulté à concevoir en consultant pour une assistance médicale à la procréation.

L'étude pilote a été réalisée auprès d'une cohorte de 1200 femmes de 18 à 44 ans et de leur partenaire. Sur ce premier échantillon, 69 couples correspondaient aux critères définis, soit 6% de femmes pouvant être considérées comme étant "à risque de grossesse" ou recherchant une grossesse à un moment donné. Les premiers résultats de cette étude préliminaire ont permis de confirmer l'effet néfaste du tabac sur la fertilité, effet déjà souligné par d'autres équipes européennes. Le délai nécessaire à l'obtention d'une grossesse pour la moitié des couples, est ainsi doublé chez les fumeurs, par rapport aux couples dans lesquels la femme ne fumait pas durant la période de recherche de grossesse.

La suite de l'étude de l'Observatoire Epidémiologique de la Fertilité devrait se dérouler en 2007. Elle inclura un millier de couples suivis plusieurs années, ce qui impliquera de contacter 20 000 foyers. Les chercheurs espèrent, à l'issue de cette enquête, mettre en évidence d'autres facteurs environnementaux impliqués dans la détérioration de la santé reproductive humaine.

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