Santé

En bref : le nez choisit la quantité de nourriture

ActualitéClassé sous :médecine , odeur , olfaction

La faim joue avec nos sens. C'est en tout cas le résultat d'une étude française qui montre que l'envie de manger passe tout d'abord par le système olfactif. Chez certaines personnes, ce mécanisme fonctionne mal, ce qui conduirait au développement de troubles alimentaires.

L’odorat est un des cinq sens du corps humain. Une étude montre qu’il participe grandement à l’établissement de la sensation de faim. © svacher, Flickr, cc by nc nd 2.0

Vous avez faim ? Dans pareille situation, certains de vos sens sont à fleur de peau. C'est le cas notamment de l'odorat qui pousserait à s'alimenter, parfois même frénétiquement. Cette observation, réalisée par une équipe de l'Inserm, est présentée dans la revue Nature Neuroscience. En utilisant la souris comme modèle, les chercheurs ont en effet montré que le système cérébral qui contrôle la prise alimentaire agit sur notre perception des odeurs. Ce phénomène se déclenche au niveau du système endocannabinoïde qui, comme son nom l'indique, est sensible aux substances cannabinoïdes, comme le cannabis. Niché au cœur du cerveau, il contient des récepteurs, appelés CB1, impliqués dans la survenue de différentes sensations comme l'euphorie, l'anxiété ou la douleur.

Ces récepteurs CB1 contrôlent aussi le circuit qui connecte le bulbe olfactif, une région au-dessus du nez traitant l'information olfactive, et le cortex olfactif. Quand l'organisme a besoin d'énergie, les récepteurs cannabinoïdes s'activent et mettent en route ce réseau olfactif. En d'autres termes, lorsque nous avons besoin de manger, notre cerveau induit tout un ensemble de mécanismes, ce qui conduit à une augmentation de la sensibilité aux odeurs.

« C'est ce système biologique qui provoque l'augmentation de l'olfaction pendant la faim et qui explique notre attirance pour la nourriture », indiquent les auteurs. Selon eux, il est fort possible que ce circuit soit altéré chez les patients obèses ou anorexiques. En conséquence, leur sensibilité aux odeurs est plus ou moins forte par rapport à la normale, ce qui provoque la prise ou la perte excessive de poids. « L'élucidation de ce phénomène devrait permettre à long terme une meilleure prise en charge de ce type de pathologies. »

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour.

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !

Cela vous intéressera aussi